VIRAGE
Placements : le risque, ça se gère
Placements : le risque, ça se gère
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Si vous avez une peur bleue du risque, vous ne ferez jamais d’argent. Si vous êtes trop téméraire, vous risquez de perdre gros. Où se trouve le juste milieu ?

Au risque de faire de la philosophie de bas étage, le milieu est en vous ! C’est-à-dire que chacun gère son risque au mieux de ses capacités. Mais ce n’est pas la meilleure approche. Sans faire appel aux derniers développements de la science neurocognitive, comme le font les traders de Wall Street, il suffit d’appliquer quelques notions de base de l’investissement pour se retrouver avec un risque acceptable.

Malheureusement, la majorité des gens comprennent mal le fonctionnement des marchés financiers. Quand la Bourse monte beaucoup, ils investissent gros. Et quand ça redescend, ils vendent. Pourtant, c’est le pire moment, car ils enregistrent de lourdes pertes.

Pour tout le monde

Pas besoin d’être riche pour investir. Quelques dizaines de dollars par paie suffisent. L’important, c’est d’avoir de la discipline. De se fixer des objectifs dans le temps et de s’y tenir, beau temps, mauvais temps.

Si vous vous contentez de laisser cet argent dormir dans un certificat de placement garanti ou, pire, dans votre compte chèques ou épargne, vous vous appauvrissez avec le temps, à cause de l’inflation. Surtout si votre compte bancaire offre 0,5 % à 1 % d’intérêt et que l’inflation joue entre 1,5 % et 2,5 %…

Vous devez donc vous tourner vers des actifs plus risqués, mais qui rapportent davantage, comme les fonds communs de placement, les fonds négociés en Bourse, les obligations et les actions. Un bon conseiller financier saura vous proposer les actifs qui collent à vos objectifs et à votre profil de risque.

Risque/rendement

Comment déterminer ce profil ? Sachez que plus un investissement est risqué, plus le rendement espéré est élevé. Beaucoup de gens se disent capables de dormir quand les marchés plongent, mais se font un sang de cochon quand ça arrive. En fait, il faut établir un niveau de risque avec lequel on se sent à l’aise.

Grosso modo, êtes-vous capable d’accepter une diminution plus ou moins importante de la valeur de vos placements quand survient un cycle baissier en Bourse ? Pouvez-vous attendre que ça remonte (car c’est inévitable) sans sourciller ?

On gère également le risque en diversifiant ses placements. Soit en achetant différents types de fonds communs ou d’actions, soit en achetant des fonds équilibrés. Par exemple, on alloue une certaine proportion de son portefeuille aux obligations gouvernementales ou des grandes sociétés, qui sont moins risquées que les actions de grandes sociétés (grandes capitalisations ou blue chips), ces dernières versant généralement des dividendes. Plus haut dans l’échelle du risque, on retrouve les actions de compagnies étrangères, de PME canadiennes (petites capitalisations), de PME américaines, de sociétés de pays émergents, de haute technologie et de commodités (mines).

On équilibre aussi le portefeuille en fonction de la date de la retraite. Plus on s’en approche, moins nos placements devraient être risqués. Surtout si votre épargne est dans un compte REER, qu’il faudra convertir en FERR ou en rente de retraite. Ce qui implique de vendre vos titres alors que pourrait survenir un cycle baissier en bourse.

 

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La psychologie du risque

Le rapport à l’argent : l’être humain associe l’argent à sa survie. Plus on rêve de devenir riche, plus on est excité.

La cupidité : l’humain est éternellement insatisfait de son sort et veut toujours plus de tout. L’argent ne fait pas le bonheur, mais plus on en a, plus on en veut.

La mémoire : les investisseurs ont tendance à s’enthousiasmer pour leurs placements et visent un rendement irréaliste. Ils oublient les marchés baissiers.

La pensée magique : on aime croire ce qui est trop beau pour être vrai. La sagesse est de ne jamais viser un rendement irréaliste et d’éviter d’investir dans ce qu’on ne comprend pas.

La peur : elle est communicative. Au creux d’un cycle, quand tout le monde vend, c’est souvent le temps d’acheter.

L’ignorance : les gens craignent ce qu’ils ne comprennent pas ou ne connaissent pas. On compense par l’éducation et par l’aide d’un conseiller financier.

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S’éduquer