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Les maladies cardiovasculaires préfèrent les femmes
Les maladies cardiovasculaires préfèrent les femmes
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Vous êtes une femme ayant une hygiène de vie quasi irréprochable. Donc, vous pouvez passer outre à cet article car les maladies du cœur et l’AVC ne vous concernent pas. ERREUR ! Il s’agit des causes principales de décès prématuré chez les femmes et le risque croît avec l’âge !

« C’est complètement méconnu que les femmes sont davantage touchées par les maladies cardiovasculaires et que ce risque augmente après la ménopause. De plus, les professionnels de la santé ont du travail à faire, en cabinet et même à l’urgence, pour mieux diagnostiquer les maladies cardiovasculaires chez les femmes, dont les symptômes se manifestent différemment et qui souvent ne sont pas pris au sérieux par les médecins. Il en résulte des soins et des traitements inadéquats », indique Dre Christiane Laberge.

Et le cœur des femmes, lui ?

Si les symptômes de maladies du cœur et d’AVC des femmes passent si souvent sous le radar, c’est aussi qu’on en connaît peu sur les spécificités du cœur des femmes. Et pour cause : les 2/3 des études cliniques sur ces maladies ne visent que les hommes. Effet pervers de cette sous-représentation des femmes dans les études, les tests pour détecter les maladies cardiovasculaires ne sont pas conçus pour les femmes, pas plus que les traitements. Autant de raisons de briser le plafond de verre de la santé cardiaque féminine.

« Les femmes sont négligées même après un AVC ou une crise cardiaque, déplore Dre Laberge, car elles sont souvent retournées au travail beaucoup plus rapidement que les hommes et sont moins dirigées vers des services de réadaptation. C’est ahurissant ! »

Toutefois, Dre Laberge remarque que les femmes sont aussi négligentes. Si on leur suggère de la réadaptation, trop de femmes vont refuser cette étape essentielle et, ainsi, nuire à leur rétablissement. Pourquoi ? Pas le temps… car elles doivent prendre soin des autres !

Pour les mêmes raisons, plusieurs femmes font fi des signaux et ne vont pas voir leur médecin, par exemple, lorsqu’elles ressentent un inconfort qui augmente à l’effort, diminue au repos et est progressif depuis plus d’une semaine. « Dans cette situation, il est impératif de consulter », avertit Dre Laberge.

Informez-vous, Mesdames !

Dans un contexte aussi défavorable aux femmes, elles ont tout avantage à être mieux informées. Or, 70 % d’entre elles ne connaissent aucun facteur de risque de l’AVC, dont le principal est l’hypertension artérielle, et seulement 1 % mentionnent la fibrillation auriculaire, un problème de santé qui implique un rythme cardiaque irrégulier, alors que c’est un important facteur de risque chez les femmes, qui augmente avec l’âge.

AVC et maladies du cœur confondus, le vieillissement, le fait d’être une femme ainsi que les antécédents familiaux et médicaux font partie des facteurs de risque impossibles à contrôler. Il y en a d’autres sur lesquels on peut agir : hypertension artérielle, diabète, taux élevé de cholestérol, fibrillation auriculaire, sédentarité, alimentation malsaine, surpoids, tabagisme, stress, de même que consommation excessive de drogues et d’alcool.

Discuter avec son médecin avant d’entamer une hormonothérapie substitutive à la ménopause est aussi de mise, de même que prendre les médicaments visant à réduire les risques, tels que prescrits par un professionnel de la santé. Aussi, on peut évaluer notre propre risque au coeuretavc.ca

Et que faire en présence de signes avant-coureurs ? « On ne répétera jamais assez combien il est important d’agir vite », rappelle Dre Laberge.

 

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Trois lettres qui ont tout changé

Danièle Henrichon est un bel exemple que les maladies cardiovasculaires n’arrivent pas qu’aux autres… ni qu’aux hommes. À 55 ans, elle était en pleine forme lorsqu’elle a ressenti des picotements étranges dans une jambe. Elle a immédiatement composé le 9-1-1. Quelques minutes plus tard, elle était complètement paralysée du côté gauche. Ces symptômes, dont elle ignorait tout, étaient ceux d’un AVC.

Deux ans plus tard, dont 18 mois intenses de réadaptation, on a enfin trouvé la minuscule malformation artério-veineuse cérébrale responsable de son AVC hémorragique et une délicate opération a permis d’empêcher un nouveau saignement.

« Le lendemain de l’opération, j’étais assise dans mon lit à faire des mots croisés », dit fièrement Mme Henrichon. Toutefois, dix ans après son AVC, elle demeure avec une paralysie partielle de la jambe, des problèmes d’équilibre et des difficultés de concentration qui ont mis fin à sa carrière. Elle est aussi devenue épileptique.

« Je marche, je cuisine, je joue du piano, je couds, etc. J’ai une belle vie malgré tout », considère cette femme au moral admirable. Après sa réadaptation, elle a même cofondé L’Axone (axone-mtl.org), un groupe de soutien axé sur l’activité physique et dédié aux personnes ayant eu un AVC.

Son message aux lecteurs et lectrices de Virage : « Au moindre symptôme, consultez ! »

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Statistiques sexistes

  • Chaque année, les maladies du cœur et l’AVC fauchent la vie de 31 000 Canadiennes.
  • Les femmes sont cinq fois plus nombreuses à mourir d’une maladie du cœur que du cancer du sein.
  • Les femmes qui font une crise cardiaque sont plus susceptibles que les hommes d’en mourir ou d’en subir une deuxième.
  • Il y a un tiers plus de femmes que d’hommes parmi les personnes tuées par un AVC.

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Les signes à retenir

Crise cardiaque :

  • Inconfort thoracique
  • Inconfort à d’autres régions du haut du corps
  • Nausée
  • Étourdissements
  • Sueurs
  • Essoufflement

AVC :

  • Visage : est-il affaissé ?
  • Incapacité : pouvez-vous lever les deux bras normalement ?
  • Trouble de la parole : trouble de prononciation ?
  • Extrême urgence : composez le 9-1-1

Source : coeuretavc.ca