VIRAGE
Enivrante Polynésie

Enivrante Polynésie

Par Marie-Ève Blanchard
5.00 avg. rating (82% score) - 1 vote

Ils ne cessent de séduire l’imaginaire et de faire rêver, évoquant pour plusieurs l’image même du paradis. Au cœur du Pacifique Sud, telles des oasis dispersées au sein d’une immensité océanique, les îles et les atolls de la Polynésie française invitent à plonger à même une poésie de petits bouts du monde.

À peine sortis de l’avion à Papeete, l’odeur délicate de frangipanier et de tiare, cette fleur blanche emblème national de la Polynésie française, nous embaume. Un enivrant collier de fleurs fraîches en guise de bienvenue fait aussitôt oublier le vol de huit heures depuis Los Angeles.

La plupart des touristes délaissent alors Tahiti pour se diriger vers les autres îles, la Polynésie française comptant cinq archipels bien distincts. L’île mère vaut pourtant la peine qu’on s’y attarde minimalement une journée ou deux afin de prendre le pouls de la vie qui balbutie au marché et d’explorer la verdoyante vallée de la Papenoo, avec ses cascades, ses chutes et ses étonnantes anguilles aux yeux bleus. On s’initie aussi tranquillement à la culture tahitienne avec sa gastronomie, dans ses populaires roulottes, où à ses richesses, notamment en découvrant la fascinante histoire de la culture de la perle au musée de Robert Wan.

Ensuite, il nous faut choisir parmi les 118 îles réparties sur un territoire grand comme l’Europe. Pour minimiser les grands déplacements, et doucement récupérer du décalage, on peut commencer par Moorea, île sœur de Tahiti, à 20 minutes en traversier. Là, des paysages agricoles se fondent aux reliefs escarpés de l’intérieur de l’île, où des pics vert émeraude contrastent avec un lagon bleu. La nature ici domine avec ses jardins d’hibiscus et ses plantations d’ananas.

Époustouflante Bora Bora

De retour sur Tahiti, un vol nous mènera en une heure vers la perle du Pacifique, Bora Bora ! Vue des airs, celle-ci s’offre en un éblouissant spectacle qui titillera longtemps le regard. L’île haute et verdoyante, l’Otemanu y culmine fièrement de ses 727 mètres, est cernée d’une splendide couronne récifale ponctuée d’îlots de sable, les motus. C’est là que se sont installés les hôtels luxueux avec leurs fameux bungalows sur pilotis, baignant dans un époustouflant lagon aux eaux turquoise.

Un bateau privé du Conrad Bora Bora Nui nous mènera à bon port en une vingtaine de minutes. Sis à flanc et au pied du motu montagneux Toopu, le vaste complexe hôtelier charme immédiatement par sa beauté luxuriante et le calme qui y règne. Ses villas sur l’eau s’avancent doucement dans une palette de couleurs improbables, 50 nuances de bleu, dit-on. En soirée, il est possible de voir se déplacer de gracieuses raies mantas géantes.

Mon bungalow sur pilotis est mieux qu’en rêve et la limpidité de l’eau est féerique. J’ai peine à croire aux beautés de la vie marine qui palpite sous mes yeux. Je m’endormirai ces nuits-là les portes ouvertes, me berçant du doux clapotis de l’eau après m’être à nouveau rafraîchie dans le calme du lagon et être longuement demeurée sur ma terrasse à observer les étoiles.

Fascinant Fakarava

C’est bien beau profiter un peu du luxe, mais il faut savoir de nouveau s’ancrer dans un sable qui nous ressemble. Direction le vaste archipel des Tuamuto, univers fascinant constitué de 78 atolls déposés sur l’océan comme autant de colliers de perles. Pas de montagnes, que des bandes de sable jonchées de cocotiers ceinturant des lagons bleus translucides.

Fakarava, splendide atoll, fantasmé des amateurs de plongée de par le monde, fait partie d’une réserve de biosphère de l’UNESCO. Ses deux passes, des brèches où l’océan communique avec le lagon, sont riches en coraux et en poissons de toutes sortes. Il suffit de se rendre à la passe sud, aux abords du minuscule village de Tetamanu, pour découvrir une faune marine exceptionnelle. Assis dans l’eau peu profonde, on y observe des milliers de poissons tropicaux, dont l’imposant Napoléon, emblématique des récifs coralliens, et plusieurs requins de récif à pointe noire.

Avant de repartir, il faut encore découvrir l’univers fascinant de la nacre et de la perle noire à la ferme perlière de la pension Havaiki et s’immerger une dernière fois dans la quiétude du translucide lagon. Je resterai longuement là, complètement ébahie dans ses eaux tièdes et lumineuses, espérant que ma rétine s’imprègne à jamais de ce turquoise infini. Au retour, dans la grisaille, plusieurs fois je fermerai les yeux afin de retrouver cette couleur qui tient de la rêverie. Et je garderai à jamais imprégnées en moi de fabuleuses bribes de Polynésie française.

***

Bon à savoir

Astuce pour réduire le budget

De plus en plus populaires, les pensions de famille permettent à la fois d’alléger le budget et de plonger au cœur même de la vie traditionnelle polynésienne. Les Tahitiens forment un peuple très chaleureux qui adore partager une table avec vous, vous apprendre à préparer le poisson cru au lait de coco ou vous amener à une partie de pêche.

 Tahiti et ses îles, au fil de l’eau

Plusieurs croisiéristes viennent mouiller leurs bateaux dans les fabuleuses eaux polynésiennes, dont l’élégant Paul Gauguin de Ponant, où l’on ressent l’esprit polynésien, le Princess Cruises, qui fera son retour à l’automne 2020 et L’Aranui 5, populaire cargo-mixte, offrant une expérience unique vers les Marquises.

Plusieurs autres îles valent le détour, dont Tahaa’a, où dominent les arômes de vanille et Raiatea, l’île sacrée et berceau de la culture polynésienne.

Quand partir ? Le soleil brille à l’année, mais l’hiver austral, la période qui s’étire d’avril à octobre, est plus sèche et l’humidité, plus supportable. De juillet à octobre, les baleines à bosse viennent s’y reproduire.

***

La journaliste était l’invitée de Tahiti Tourisme et d’Air Tahiti Nui.

Photo : Tahiti Tourisme