VIRAGE
Aller dans le Sud malgré la COVID?
4.22 avg. rating (82% score) - 9 votes

Vous allez dans le Sud cet hiver malgré la COVID-19? Ce n’est pas sans risque. Si vous décidez de le faire, voici ce que vous devez savoir avant de partir.

Beaucoup de personnes oublient que voyager n’a jamais été sans risque. Même quand on passe l’hiver dans son condo, sa maison mobile ou son VR à Hallandale Beach, en Floride, entouré de Québécois.

Dès qu’on sort des frontières du Québec, on n’est plus chez soi. On choisit donc de prendre un risque financier et de sécurité, qui varie selon la destination. Mais il n’est pas moins élevé parce qu’on séjourne en Floride au lieu du Mexique. Car le système de santé américain est le plus coûteux au monde. Ailleurs, on peut facilement bénéficier des meilleurs soins à coût plus abordable. Partout, il faut de l’assurance voyage.

Décider de voyager, surtout en temps de pandémie, est donc un choix très personnel. Voici des éléments à prendre en considération.

L’assurance

Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement canadien maintenait son avis de ne pas voyager hors du pays, sauf pour des raisons essentielles. Concrètement, cela signifie que vous ne pourrez obtenir une indemnité d’assurance si vous annulez votre voyage à cause de la COVID-19. Car la pandémie est désormais une condition préexistante, autrement dit un risque connu des assureurs et de leurs clients, donc non assurable.

Pour l’assurance médicale (hospitalisation, médicaments, rapatriement), il y a fort à parier que votre assureur habituel ou collectif refusera de vous indemniser à cause de la pandémie. Si vous vous fracturez une jambe ou vous avez une crise cardiaque, pas de problème. Si vous passez une semaine sous ventilateur aux soins intensifs, à cause de la COVID-19, c’est vous qui payez.

Au moment d’écrire ces lignes, quelques rares assureurs acceptent toutefois de couvrir la COVID-19 pour leur clientèle, notamment les snowbirds : Medipac, Tour+Med, Croix Bleue, Manuvie et, depuis peu, Desjardins, normalement sans frais supplémentaires. Prenez soin de vérifier. Air Canada, WestJet et Sunwing offrent aussi une forme d’assurance médicale couvrant la COVID-19 pour certaines destinations. Posez des questions à votre voyagiste.

S’infecter

Le risque est-il grand de s’infecter lors d’un voyage dans le Sud? Ça dépend… de vous !

Prenez les États-Unis. Une carte du niveau d’infection par région est mise à jour régulièrement sur le site de la National Geographic Society (en anglais). On y constate que la Floride, destination préférée des snowbirds québécois s’il en est une, fut, il n’y a pas si longtemps, l’un des États les plus touchés par la pandémie. Aujourd’hui, c’est l’une des régions où l’on détecte le moins de nouveaux cas…

Ailleurs dans le monde, vous pouvez utiliser la carte en ligne du comparateur d’assurance Hello Safe, qui affiche les pays inaccessibles ou à éviter absolument. Vous n’avez qu’à glisser votre souris sur votre destination et l’on vous indique si ses frontières sont ouvertes. Si vous n’êtes pas habitués à naviguer sur Internet, demandez de l’aide à un proche…

Évidemment, rendu sur place, vous devrez prendre les moyens de vous protéger : éviter les foules ou les rassemblements de plus de six personnes, maintenir une distanciation sociale de deux mètres, porter le masque dans les endroits publics intérieurs, sortir le moins possible, etc. À vous de choisir d’être prisonnier ici ou au soleil.

S’y rendre

Pour le moment, la frontière terrestre reste fermée pour aller aux États-Unis. Mais on peut librement s’y rendre en avion. En fait, toutes les destinations soleil sont accessibles par voie aérienne.

Concrètement, plusieurs snowbirds ont choisi d’aller dans le Sud coûte que coûte. Au moment d’écrire ces lignes, bon nombre contournaient les restrictions en s’achetant un aller simple pour la Floride pour 300 $ ou 400 $ (hors période de pointe), quitte à faire transporter leur voiture ou VR par camion, pour environ 1 000 $ à 6 000 $. Le retour se fera dans leur véhicule, car le gouvernement canadien ne refuse personne qui revient au pays, peu importe le moyen de transport.

Quarantaine

Toujours au moment d’écrire ces lignes, tout voyageur canadien de retour de l’étranger doit obligatoirement passer une quarantaine de 15 jours sans sortir de chez lui, même pour faire ses courses. Les autorités organisent même des visites surprises pour vérifier si vous observez cette quarantaine! Vous devez donc vous débrouiller avec vos proches ou commander votre nourriture en ligne ou par téléphone. Avec les nouveaux tests plus rapides, qui viennent d’être approuvés par Santé Canada, la quarantaine obligatoire pourrait être bientôt écourtée.

À l’étranger, à notre connaissance, aucune destination soleil, sauf certains États américains (mais pas la Floride), n’impose une quarantaine à leurs touristes. En Europe, il n’y a pas de quarantaine lorsqu’on arrive en Italie, en Norvège, en Irlande et en Islande.

Mais allez-vous fuir l’hiver en Islande?