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Splendeurs et misères de la marge hypothécaire
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La marge de crédit hypothécaire est pratique et malléable. Mais elle demande de la discipline. En avez-vous suffisamment ?

Rénover, acheter une voiture, consolider des dettes… Ces projets coûtent cher, notamment en intérêts. Votre institution financière exigera un taux jouant dans les 8 % à 10 % pour un prêt personnel ou automobile. Celui d’une marge de crédit hypothécaire typique (à ne pas confondre avec une marge de crédit personnelle) jouera entre 3 % et 5 % si votre dossier de crédit est excellent. Le jeu en vaut particulièrement la chandelle si vos placements génèrent un rendement moyen entre 8 % et 10 %.

Les avantages

Principal avantage : la marge de crédit hypothécaire est flexible. Vous n’avez pas à vous justifier auprès du banquier ni à passer devant le notaire chaque fois que vous empruntez.

En utilisant une marge pour payer une voiture neuve comptant, vous pouvez négocier un meilleur prix chez le concessionnaire. Au moment de vendre votre propriété, vous remboursez la marge avec le produit de la vente, sans assumer l’habituelle pénalité.

Surtout, vous pouvez rembourser la marge plus rapidement, dès que vous recevez un héritage ou un boni, et même ramener le solde à zéro d’un coup, ce qui, avec un prêt hypothécaire traditionnel, entraîne une forte pénalité.

Les inconvénients

Outre son taux d’intérêt variable, le principal inconvénient des marges de crédit hypothécaires est que leur mécanique est mal connue des consommateurs. Et environ 80 % des marges sont allouées selon une combinaison de prêts, soit une marge et une hypothèque traditionnelle.

Concrètement, la limite de crédit augmente automatiquement au fur et à mesure que l’emprunteur rembourse la partie hypothèque traditionnelle. Pourtant, en ligne, on ne voit souvent que le crédit total disponible. Beaucoup de gens croient ainsi qu’ils paient rubis sur l’ongle leur hypothèque avec leurs paiements mensuels. Mais s’ils puisent dans leur marge, ils ne remboursent souvent rien.

Résultat, une bonne part des détenteurs se surendettent. Une étude récente de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada révélait que plus de trois millions de Canadiens possèdent une marge dont le solde moyen est d’environ 65 000 $, et que 19 % des détenteurs ont emprunté davantage que prévu.

La moitié des marges servent à financer des rénovations. Or, c’est connu, les mauvaises surprises ou les « tant qu’à faire » font bondir la facture. Plusieurs consommateurs se servent de leur marge comme fonds d’urgence au lieu d’accumuler de l’épargne. Ou ils vivent au-dessus de leurs moyens.

Un conseil : établissez une liste des améliorations ou réparations à faire sur votre maison pour les dix prochaines années. Puis, évaluez leur coût total, reportez-le sur une base mensuelle sur cinq ou dix ans et ajustez votre montant d’emprunt en conséquence. Vous aurez peut-être à faire des choix…