VIRAGE
Retrouvailles avec Claire Lamarche
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Elle a été dans nos salons pendant tant d’années, avec son timbre de voix unique et sa gestuelle enveloppante, que rencontrer Claire Lamarche pour la première fois procure un effet de retrouvailles. Cette grande communicatrice est encore très active, physiquement et professionnellement. S’en faire avec son arrivée imminente chez les 70 ans? Pas le temps!

On bouge avec Claire

« Depuis près de 15 ans, je suis une adepte de Cardio Plein air. Bouger en groupe est une motivation pour moi et c’est tellement agréable de le faire dehors en toute saison, ce qui m’a d’ailleurs fait apprécier l’hiver. Je participe à des entraînements deux à trois fois par semaine, à 6 h 15 le matin, dans un parc tout près. Ainsi, j’ai de l’énergie toute la journée et je suis d’attaque mentalement car l’exercice permet de chasser les soucis. Un jour, j’animerai peut-être des séances de Cardio Marchette! », blague-t-elle, assise à la table de sa salle à manger, lieu de tant de remue-méninges pour ses nombreuses émissions, de Droit de Parole à Claire Lamarche, en passant par Les Retrouvailles.

L’animatrice maintes fois lauréate de prix, qui avait un nom prédestiné pour être active, sera de nouveau marraine de la 2e édition de l’événement On bouge dans les parcs, le 30 mai, au parc Maisonneuve et dans plusieurs parcs de Montréal. Cette activité ayant pour but d’inciter les Montréalais à profiter des équipements sportifs, parcours cyclables et pédestres de la ville, est organisée par Cardio Plein air, la Ville de Montréal et la FADOQ – Région Île de Montréal, qui invite ses membres à y participer avec leurs enfants et petits-enfants.

Claire, telle quelle

Alors que le cap des 60 ans a été difficile, célébrer ses 70 ans, le mois prochain, ne lui donne pas le cafard. « Je suis en santé et en forme. Mon petit ami le stimulateur cardiaque m’a beaucoup aidée à prévenir mes chutes de pression et évanouissements. Je prends plusieurs précautions mais je ne suis pas limitée dans mes activités », explique celle qui vit seule depuis le décès de son époux, l’homme de théâtre Guy Messier, il y a trois ans.

Les effets du vieillissement ne sont-ils pas particulièrement cruels pour une femme qui fait carrière à la télévision? « Je vais mourir au naturel, proclame-t-elle. Je ne vois pas pourquoi il faudrait que je change mon visage. On vieillit et on va mourir. C’est la réalité. Bien sûr, je cours moins longtemps et il y a des choses qui tiennent moins bien en place qu’avant, mais je choisis d’en rire. Il vaut mieux apprivoiser graduellement les effets du vieillissement que tenter continuellement de les repousser. Ce qui amène la sérénité, c’est de composer avec la réalité. »

Dans le même ordre d’idées, Claire suggère aux aînés qui se sentent inutiles ou déprimés de regarder non pas ce qu’ils ont perdu mais ce qu’ils ont encore… et de s’en servir. « Parfois au lever, ça tire un peu, mais dès qu’on bouge, ça va mieux. C’est la même chose psychologiquement. Il faut se lever de notre chaise et réaliser des projets, faire du bénévolat, se lancer des défis. »

Grand-mère Claire

Chaque étape de la vie ayant ses avantages et ses défauts, devenir grand-mère compense pour bien des rides selon Claire Lamarche. Elle adore Frédérique, 11 ans et Elliot, 7 ans, au point de déménager tout près de chez eux, de façon à les voir plus souvent et à mieux épauler sa fille Stéphanie, grande gestionnaire des Productions Claire Lamarche.

« Je suis une grand-mère un peu particulière, qui met de l’avant la folie, l’imaginaire, la création, la lecture. J’ai tenté à plusieurs reprises, mais sans succès, de les intéresser aux fables de La Fontaine. Et puis, un jour, sans le dire, Frédérique a appris par cœur Le Chat, la Belette et le petit Lapin, pour un exposé en classe. C’était un cadeau extraordinaire. Elle l’a même fait sur vidéo avec son célèbre accent russe : tordant! »

« Claire, vous m’avez élevé ! »

Claire Lamarche revient volontiers sur les années du rythme fou de ses émissions quotidiennes, sur l’adrénaline du direct et les émotions au plafond qui ont marqué les retrouvailles télévisées qu’elle orchestrait et qui ont changé la vie de milliers de personnes.

Elle se considère comme une pionnière dans un style de télévision interactif, utile, qui a du sens et qui modifie des choses. « Avec Les Retrouvailles, tant de femmes sont entrées en contact avec leur enfant qu’elles avaient été forcées de confier à l’adoption et tant de gens ont pu découvrir leur vraie histoire. »

Encore aujourd’hui, il arrive souvent que des gens la saluent en l’appelant Mme Lamarche ou plus simplement Claire – ce qu’elle préfère – et qui la remercient d’avoir abordé des sujets tabous. « On me dit parfois :  » Claire, vous m’avez élevé!  » »

Les documentaires de Claire

Depuis quelques années, Claire Lamarche se consacre surtout à des séries documentaires produites ou coproduites par sa compagnie, dont Écoles à l’examen, diffusée à Télé-Québec et primée à plusieurs reprises.

C’est ainsi qu’on verra une mini-série de deux heures sur le Dr Julien et la pédiatrie sociale l’automne prochain, à Radio-Canada. Mère et fille, aidées d’une jeune équipe, travaillent aussi à un documentaire de trois heures sur le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez les enfants, les adolescents et les adultes, qu’on verra à Télé-Québec.

« Bien des parents se rendent compte qu’ils souffrent du TDAH quand leur enfant est diagnostiqué. C’est une réalité mal connue. Le documentaire me permet de réellement approfondir un sujet et de travailler à un rythme qui me convient. »

Et puis? Les projets et les sujets ne manquent pas pour cette sociologue de formation, dont l’empathie et le sens inné de la communication donneront toujours envie de prêter l’oreille à ce que Claire a à dire…

Photo : Bruno Petrozza – Maquillage : Véronique Prud’homme