VIRAGE
Marie-Claude Barrette ou la belle cinquantaine
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En janvier dernier, Marie-Claude Barrette franchissait le cap des 50 ans, une étape positive qui marque une nouvelle liberté. Les enfants grandissent, l’agenda personnel s’allège, les responsabilités familiales s’amenuisent. Ensemble, nous avons causé du temps retrouvé.

Marie-Claude confirme qu’il y aura une autre saison de Deux filles le matin. « Ce sera la 20e, mais ce sera ma 11e, précise-t-elle. Je renouvelle mon contrat une année à la fois. Il faut garder le feu sacré. Lorsque je lis les messages qu’on m’envoie et que je constate que ça aide du monde, je me dis que j’atteins mon objectif. Entre-temps, je tournerai cet été la deuxième saison de Où es-tu ? »

Parce que l’été s’annonce chargé, elle a décidé de s’accorder des vacances. « J’ai loué une maison en Martinique où j’ai passé deux semaines, seule. Je me suis aussi réservé deux semaines à la maison. Pendant un mois, il n’y avait rien à l’agenda. Ne pas avoir de document ou de dossier à lire, c’était déjà un répit pour moi. J’avais besoin de dormir. De vivre à mon rythme. De manger à l’heure qui me convenait. Personne ne peut prendre de vacances pour moi. L’année dernière, j’étais allée rejoindre ma fille à Lisbonne et j’avais passé une semaine seule, à Paris. Ça m’avait permis de décrocher. J’en ai besoin. Comme nous ne sommes pas en mesure de partir en vacances en famille, je m’accorde du temps différemment. »

Une nouvelle étape

Parce que les enfants ont grandi – Juliette a 16 ans, Charles, 19, et Angela, 22 – l’animatrice peut savourer cette nouvelle étape de liberté qui lui permet de s’éloigner sans s’inquiéter. « Je n’aurais jamais fait ça lorsque mes enfants étaient petits, assure-t-elle. Mais à 50 ans, je peux me le permettre. Avant, les enfants contrôlaient mon agenda. Plusieurs cases se sont libérées depuis et c’est à moi de les remplir. La vie familiale se vit différemment. J’ai toujours travaillé pour que mes enfants soient autonomes. Ils le sont devenus et c’est tant mieux. J’ai l’esprit tranquille. Je suis maternelle, mais je ne suis pas maternante. J’ai toujours été en quête de liberté et je renoue avec elle. »

Un rite de passage

Les rites de passage sont quasiment inexistants dans notre société. Marquer les anniversaires devient d’autant plus important. Pour célébrer les 50 ans de Marie-Claude, sa famille lui avait organisé une fête exceptionnelle.

« Il y a eu tout d’abord la réunion des cousines Barrette puis, le samedi soir, une centaine de personnes m’attendaient au Manoir Rouville-Campbell. J’ai revu des gens de toutes les périodes de ma vie. C’était plein d’amour. Ça été une magnifique soirée. »

Les changements de décennie doivent parfois être négociés avec doigté. Cette nouvelle étape de vie pose-t-elle certains enjeux pour l’animatrice ? « C’est la première fois qu’un âge me questionne autant, admet-elle. La cinquantaine est en lien avec l’affirmation de soi. C’est comme un bilan de vie qui me permet de prendre mon élan. Je sais comme le temps est précieux. C’est une obsession chez moi : je ne veux jamais en perdre. C’est devenu d’autant plus important de faire des choses qui ont un sens pour moi. À 50 ans, j’ai plus le sentiment que mon avion est en train de décoller que d’atterrir… »

Pas question de ralentir

L’agenda de Marie-Claude est chargé, mais il est hors de question de ralentir. « Je vois des femmes actives qui m’inspirent, dit-elle. Peu importe l’âge, on peut être un modèle pour les autres. Certains autour de moi comptent les jours avant leur retraite. Ce n’est pas du tout mon cas ! »

Elle entrevoit par contre l’étape où son conjoint Mario Dumont et elle vont vendre leur maison pour vivre dans plus petit. « C’est la liberté qui m’intéresse dans le projet… Je veux aussi faire mon site Web et j’ai deux projets d’écriture. Je me vois autant derrière la caméra que devant. Je suis complètement ouverte à ce qu’on peut me proposer. Je ne suis pas du tout en mode ralentissement. »

Elle a l’impression que tout ce qu’elle a fait prend son sens à 50 ans. « Ça me plaît de renouer avec la femme que je suis. Les femmes sont belles à cet âge. Elles sont libres, sûres d’elles-mêmes, elles doutent moins. Et l’amitié entre femmes est précieuse. Il m’arrive même d’aller prendre un café en plein milieu de l’après-midi avec une amie, chose que je ne faisais plus. On dirait que le monde s’est ouvert… »

Et le vieillissement ?

Avancer en âge effraie-t-il l’animatrice ? « Ça, c’est une autre affaire. On vieillit, on ramollit, on plisse. Je ne peux pas dire que je trouve ça agréable… En même temps, je me rappelle que je suis vivante. Plusieurs auraient aimé avoir des rides, mais ils sont décédés avant. J’ai trouvé une solution pour mieux accepter la situation : je me regarde moins ! (rires) Ce qui compte le plus pour moi, c’est de me garder alerte intellectuellement. »

À 50 ans, elle se sent en pleine possession de ses moyens. « Je suis indépendante, je gagne bien ma vie. Je peux faire des choix sans demander de permission. Et j’ai des rêves. Je souhaite entre autres marcher Compostelle, idéalement avant 55 ans. Ça, c’est un incontournable, dans ma vie… »

Photo : Bruno Petrozza – Maquillage : Richard Bouthillier

Nos remerciements au restaurant La Magia dans le Vieux-Longueuil, où la séance de photo a été réalisée. restaurantmagia.com, 450 670-7131.