VIRAGE
La FADOQ en mode gestion de crise

La FADOQ en mode gestion de crise

Par Philippe Poirier-Monette, conseiller en droits collectifs au Réseau FADOQ
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Mi-mars. Le premier ministre Legault demande l’annulation des rassemblements intérieurs de plus de 250 personnes ou qui ne sont pas nécessaires, première d’une série de mesures majeures afin de limiter la propagation de la COVID-19. Le Réseau FADOQ passe en mode gestion de crise.

Afin de respecter les directives gouvernementales, tous les événements organisés par le Réseau sont annulés. C’est le fruit d’un travail de plusieurs mois qui est annihilé. Les rencontres, réunions et collaborations avec d’autres organisations sont également mises sur pause.

Les directions générales provinciale et régionales du Réseau doivent rapidement relever un défi : l’implantation massive du télétravail. L’organisation du travail est chamboulée. Les réunions sont effectuées par téléphone ou visioconférence. Les courriels et les textos remplacent les échanges en personne. L’équipe de l’informatique s’occupe de fournir le matériel nécessaire aux employés, en plus d’effectuer du soutien technique à distance.

La FADOQ informe

L’équipe des programmes sociaux s’affaire à rassembler les ressources pertinentes pour ses membres en ces temps de pandémie. Une page Web est créée. Les plateformes numériques (Facebook, Twitter, LinkedIn) du Réseau sont également mises à contribution. Des publications spéciales, dont des infolettres, sont élaborées pour les abonnés et le public.

Les mesures de confinement et la COVID-19 ont un dur impact sur les personnes aînées. Dès les premiers jours de la pandémie, les médias sollicitent activement le Réseau pour des entrevues. Les représentants de la FADOQ sont sur toutes les tribunes : radio, télévision, journaux.

Chaque sortie médiatique exige une minutieuse préparation. Quel est le sujet de l’entrevue ? Sous quel angle est-ce que ce sera abordé ? Quel message souhaitons-nous véhiculer ?

Dès que les lignes de presse sont déterminées, l’équipe des communications discute avec la personne qui donnera l’entrevue, en l’occurrence Gisèle Tassé-Goodman, présidente du Réseau FADOQ, afin de clarifier les points, convenir des aspects à aborder et veiller à la bonne transmission du message officiel.

En coulisse, les relations avec les gouvernements sont constantes. Les ministres responsables des Aînés au fédéral et au provincial demandent à discuter avec les responsables du Réseau. Les partis d’opposition font de même. Des téléconférences sont organisées.

La FADOQ intervient

Entre-temps, une opération visant à faire des appels de courtoisie auprès des membres plus âgés du Réseau est mise en branle. L’objectif : discuter avec eux, s’assurer qu’ils ont le nécessaire pour vivre dans les prochains jours et les référer à des ressources en cas de besoin. L’équipe de l’informatique prépare les listes des membres à appeler en priorité, région par région. Rapidement, les regroupements régionaux s’investissent avec enthousiasme dans ce projet. Un laïus d’intervention est élaboré, un bottin de ressources est constitué et un mode de fonctionnement est suggéré afin d’aider le personnel des régions dans ses opérations.

La FADOQ fait pression

Le Réseau FADOQ prend connaissance des besoins sur le terrain. Les situations déplorables ou inquiétantes s’accumulent. L’équipe des relations gouvernementales de la FADOQ relaie ces cas nécessitant une attention particulière aux cabinets ministériels. La pandémie de la COVID-19 est du jamais vu et les programmes gouvernementaux comptent autant d’angles morts que de lacunes.

Le constat est flagrant : les gouvernements construisent l’avion en plein vol. Mais les politiciens veulent améliorer la situation et affichent une ouverture béante aux suggestions provenant d’organisations comme la FADOQ. Certains correctifs sont apportés, au grand soulagement du Réseau.

Puis, la pandémie prend une tournure tragique : de nombreux lieux d’hébergement pour aînés sont infectés et peinent à contrôler la situation. L’impact du sous-investissement décrié par le Réseau FADOQ au cours des dernières années est mis au grand jour dans le pire contexte possible.

La FADOQ veille

Les gouvernements prennent acte du drame et assurent que des investissements seront faits pour les aînés au cours des prochaines années. Le Réseau FADOQ agira comme un véritable chien de garde afin que ces engagements se concrétisent au sortir de la crise.

Des groupes d’experts regroupant des chercheurs universitaires, des médecins et des organisations provenant du milieu, dont la FADOQ, aiguillent les autorités gouvernementales sur les mesures à mettre en place. Le Réseau s’investit dans cette tâche : des vies sont en jeu, des vies sont perdues. L’indignation, la colère et le chagrin doivent contribuer à un éveil collectif.

***

Le Réseau fait une différence

Le Réseau fait sa part pour atténuer la crise, par ses propres initiatives ou en exerçant son influence afin de convaincre les gouvernements d’adopter des mesures aptes à soulager les aînés.

FADOQ :

  • Plus de 100 000 appels de courtoisie aux membres de 70 ans et plus.
  • Élaboration d’un bottin de ressources à propos de la COVID-19.
  • Présence médiatique accrue.
  • Diffusion de conseils et d’activités en ligne.

Provincial :

  • Abolition des frais cabarets et autres frais directement liés à la COVID-19.
  • Amélioration de l’encadrement lors de la réintégration d’un résident dans son milieu de vie.

Fédéral :

  • Élargissement de la Prestation canadienne d’urgence aux gens ayant des revenus annuels de 5 000 $ et moins.
  • Réduction de 25 % des retraits obligatoires provenant de FERR pour 2020.

À cela s’ajoutent de nombreux points soulevés par le Réseau, auxquels le gouvernement n’a pas encore répondu :

  • Annulation des retraits obligatoires de FERR.
  • Report du transfert obligatoire de REER en FERR à 75 ans.
  • Rehaussement du Supplément de revenu garanti.
  • Instauration d’une assurance fonds de pension ou rehaussement de la protection des fonds de pension, de nombreuses faillites étant à prévoir.
  • Rehaussement du Transfert canadien en santé.
  • Âgisme rampant.
  • Préoccupation à propos de la réduction et de la rupture des soins et des services à domicile.