VIRAGE
La croisière vous appelle ?
La croisière vous appelle ?
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En mer ou sur un fleuve; à bord d’un paquebot géant ou d’un petit navire; en Amérique, en Océanie, en Europe ou en Asie, les croisières nous font naviguer sur une mer d’expériences variées.

Se prélasser sur le pont d’un navire en savourant un cocktail, n’est-ce pas l’image du bonheur ? Nous ne sommes pas les seuls à le penser, car 24,2 millions de passagers sont montés à bord d’un bateau de croisière en 2016, rapporte la Cruise Lines International Association.

Si la croisière ne permet pas un contact en profondeur avec un pays, elle comporte en contrepartie de nombreux avantages : une ambiance de luxe et d’épicurisme, un équipage dédié au bien-être des passagers, une offre gastronomique variée, le plaisir de s’installer dans un hôtel flottant et de visiter, chaque jour, une ville ou un pays différent, sans toucher à ses valises.

Et comme il y a de plus en plus de voyageurs qui partent en croisière, il y a de plus en plus de possibilités quant aux formules et aux lieux à visiter. En voici trois exemples.

Sur les flots du Pacifique Sud

J’ai longtemps hésité avant de monter sur un bateau de croisière. Avais-je le pied marin ? Allais-je m’ennuyer quand nous ne serions pas à quai ? Puis, je me suis dit : « Si je veux savoir, je dois essayer ».

Ma première expérience, je l’ai tentée sur les eaux magnifiquement turquoise du Pacifique Sud, en Polynésie française. La crème de la crème, quoi, pour l’une des plus belles semaines de ma vie !

Nous avons choisi un petit bateau d’un peu plus de 300 passagers, pouvant s’approcher davantage des îles, un aspect important pour une croisière dont le but est d’admirer des paysages parmi les plus exotiques de la planète. Si nous nous sommes sentis au paradis durant tout le voyage, nous avons vécu des moments particulièrement agréables au cours d’une excursion à bord d’un véhicule hors route sur l’île de Bora-Bora, quand notre guide nous a servi des morceaux de fruits frais sur une feuille de bananier devant un point de vue en hauteur sur un lagon d’un bleu innommable.

Privilège de croisiériste : nous avons aussi passé une journée merveilleuse sur une plage privée du motu (îlot de sable coralien) Mahana, où un barman nous a servi des cocktails en promenant un minibar flottant sur la lagune, avant de nous attabler devant un barbecue gastronomique dans un décor de paradis terrestre.

La saison sèche (mi-avril à mi-octobre) est la meilleure période pour voir la Polynésie. On embarque sur les ailes d’Air Tahiti Nui à l’aéroport de Los Angeles. Il n’y a pas de serpent ni de scorpion sur les îles, mais des moustiques à profusion. Le coût de la vie est très élevé, celui du voyage également, vu les longs déplacements. Mais pour souligner une occasion spéciale, l’expérience vaut largement son pesant d’or.

Jusqu’au nord du nord

La croisière est aussi une excellente façon de voir l’Alaska, cette vaste contrée qu’on appelle la « dernière frontière », où certaines villes ne sont pas accessibles par la route. L’Alaska est situé en partie dans le cercle Arctique. Ses paysages de glaciers, de faune sauvage, de fjords et de toundra sont spectaculaires.

L’offre de croisières en Alaska est abondante. Plusieurs départs se font du port de Vancouver. En été, la température est douce et les journées très longues. Nous y sommes allés en juillet et nous avons souvent navigué dans un brouillard épais, ce qui, paraît-il, est moins fréquent en juin.

Cette fois, nous avons choisi une croisière d’une semaine sur un navire de taille moyenne d’environ 1400 passagers. Comme une grande partie du trajet se fait dans le passage intérieur, côté mouvement, c’est plutôt calme.

Nos coups de cœur : Creek Street, à Ketchikan, avec ses maisons sur pilotis au-dessus d’une rivière où abondent les saumons; le Red Dog Saloon, à Juneau, pour son ambiance ruée vers l’or; les rues colorées de Skagway et l’excursion White Pass Summit, pour ses passages sur de petits ponts de bois au-dessus de gouffres, à bord d’un train d’époque.

La plupart des compagnies de croisière proposent un prolongement terrestre. Celui vers le parc Denali est intéressant et magnifique, si vous êtes capable de supporter des déplacements en bus et en train de plus de 8 heures.

Naviguer sur un long fleuve tranquille

Le créneau de la croisière fluviale est en plein essor, particulièrement en Europe et en Asie, mais également aux États-Unis, où il y aurait 24 000 km de voies navigables.

Les bateaux destinés aux croisières fluviales circulent lentement et les paysages à admirer défilent continuellement, à bâbord et à tribord. Comme il y a généralement moins de 150 passagers, l’accueil est particulièrement chaleureux et les thèmes plus ciblés. On trouvera, par exemple, des croisières fluviales en français. Bien entendu, l’offre de nourriture est moins variée et moins abondante que sur un paquebot géant, mais elle est néanmoins adéquate et savoureuse.

Nous avons récemment tenté l’expérience d’une croisière sur le Danube; 11 merveilleuses journées de bien-être. Cette navigation lente et zen a quelque chose d’apaisant. Mon coup de cœur : le départ de Budapest en soirée, car cette ville magnifique devient tout simplement magique quand elle est illuminée, assez pour faire verser quelques larmes.

Le Danube fait 2 860 km et traverse plusieurs pays. Le naviguer devient l’occasion de visiter l’Allemagne, la Bulgarie, la Serbie, la Croatie, la Hongrie et l’Autriche.

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Pas le pied marin ?

Bonne nouvelle ! Les bateaux gigantesques et les stabilisateurs de plus en plus efficaces font en sorte que le mal de mer est moins fréquent. Reste que certaines personnes demeurent particulièrement sensibles au mouvement. Pour elles, le Gravol et les timbres commercialisés sous le nom Transderm-V ont fait leurs preuves et sont généralement bien tolérés.

« Les risques d’effets secondaires sont plus élevés chez les gens âgés, nous dit Pierre-Marc Gervais, pharmacien, et l’interaction avec certains médicaments peut aussi les aggraver. » Parmi les symptômes indésirables : sécheresse des yeux, de la bouche et de la peau, constipation, somnolence, étourdissement et même confusion.

« Les personnes qui ont vraiment besoin d’un anti-nausée efficace et qui tolèrent mal le Gravol et les timbres peuvent se tourner vers la méclizine, un médicament qui n’est plus fabriqué ni vendu sous forme commerciale au Canada, mais que votre pharmacien peut vous préparer en toute légalité », nous informe Pierre-Marc Gervais.

Il n’y a aucune preuve scientifique de l’efficacité de substances naturelles comme le gingembre, le jus d’abricot, de citrouille ou de carotte, mais elles fonctionnent assez bien pour certains. « On peut les essayer, d’autant plus qu’elles n’entraînent aucun effet secondaire », fait remarquer le pharmacien. Même chose pour les bracelets, qu’il faut porter aux deux poignets.

Pour soulager ou prévenir le mal de mer, il faut éviter les repas riches et lourds, les protéines, l’alcool, le tabac et les odeurs fortes, regarder l’horizon au loin, sortir au frais, dormir et choisir sa cabine au centre du bateau, en longueur et en hauteur.

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Parlons budget

Comment réduire le coût d’une croisière ? En voyageant à deux, puisque occuper seul une cabine fait grimper le prix d’une façon importante, nous informe Marie Cousin, directrice du marketing chez Voyages Traditours. On part en solo ? Certaines agences peuvent nous organiser un jumelage.

Les croisières de repositionnement, lorsque le navire change de continent à la fin d’une saison, offrent généralement des tarifs intéressants. Il faut cependant être à l’aise avec l’idée de passer cinq à sept jours d’affilée en haute mer. « Les gens qui aiment profiter des activités du bateau ou qui partent pour se reposer apprécient ces traversées », fait remarquer Marie Cousin.

Elle ajoute que la réservation d’une cabine en garantie permet aussi d’économiser. On choisit une catégorie de cabine mais pas un numéro. Si toutes les cabines de cette catégorie sont vendues, on profitera d’un surclassement.

Le supplément pour cabine avec fenêtre ou balcon vaut-il la dépense ? Oui, si l’on aime prendre son apéro en privé et pour les destinations où le paysage est exceptionnel. Non, si l’on est du genre à faire des activités toute la journée et si l’on se sent bien dans les espaces publics.

Et les excursions payantes ? Madame Cousin fait valoir qu’elles permettent d’optimiser le temps souvent court dans un port d’escale. Elles sont pratiques aussi quand on débarque dans plusieurs pays différents et qu’on n’a pas de devises locales. Par contre, si l’on n’éprouve aucune inquiétude à se balader seul et qu’on parle suffisamment anglais, on peut se contenter d’une ou deux excursions bien choisies selon ses intérêts et sortir visiter de façon autonome dans la plupart des villes.

 

Photo : Johanne Landry