VIRAGE
Guylaine Tanguay : 100 % country
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Par son vécu et son regard sur la vie, la chanteuse Guylaine Tanguay inspire quelques pistes pour être heureux. Malgré une enfance difficile, elle a fait la paix avec son passé et en dépit des années de dur labeur qu’elle a connues dans sa carrière, elle n’a jamais abandonné. Son leitmotiv ? Se concentrer sur ce qu’on a et non sur ce qu’on voudrait. Une leçon à retenir…

Un agenda chargé

La vie est bonne pour Guylaine Tanguay, qui poursuit ses activités professionnelles en dépit des circonstances exceptionnelles qui prévalent actuellement. Elle vient de nous présenter un album enregistré à Nashville, son 15e en carrière. « Ça faisait longtemps que je rêvais de cet album qui s’appelle Guylaine Tanguay Country et qui est composé à 50 % de chansons originales et à 50 % de reprises.»

La chanteuse est aussi allée à la rencontre des gens grâce à Musiparc, un événement musical qui proposait des spectacles dans les cinéparcs pendant l’été. À l’automne, Guylaine tournera la 2e saison de Tout simplement country, à Halifax, un autre projet qui l’enthousiasme et qui sera présenté à l’hiver 2021. « Ce sera une saison vivante et pleine d’émotions, prédit la chanteuse. La plupart des artistes n’auront pas travaillé depuis des mois… »

Un micro à la main

Chanter a toujours fait partie de la vie de cette enfant qui, très tôt, tenait un micro avec une aisance désarmante. «J’ai commencé à chanter avec ma mère, se souvient-elle. À quatre ou cinq ans, dans les réunions de famille, je voulais monter sur la table pour chanter. À sept ans, je participais à mon premier concours amateur et je n’ai jamais cessé. J’ai besoin du contact avec le public. Ça me nourrit. C’est mon essence, mes vitamines. Je voyais ma mère chanter dans un bar country avec mon oncle et je remarquais que les gens étaient heureux. Je ne rêvais pas de devenir une grande vedette ou d’être connue : je voulais procurer du bonheur aux gens. Ce n’était pas ma décision de chanter, c’est la vie qui m’a montré la voie. »

Pourtant, il y a eu des années plus difficiles, mais Guylaine n’a jamais vraiment souhaité faire autre chose. « Comme nous avions trois enfants à nourrir, une réalité financière s’est imposée. Il fallait que je gagne ma vie. Et si je ne pouvais pas le faire en chantant, il me fallait songer à faire autre chose… J’ai fait un retour aux études en enseignement, mais chaque fois que j’ai tenté de prendre une autre direction, la vie m’a ramenée sur la voie de la musique. »

Une contribution notable

Guylaine a contribué à redonner ses lettres de noblesse au country qui avait longtemps été snobé. « Les choses ont changé, admet-elle. À mes débuts, on me suggérait de ne pas dire que j’étais une chanteuse country… Je n’avais pas de plaisir et ma carrière ne marchait pas. J’ai décidé de faire ce que j’aime et comme j’ai du caractère, je répétais haut et fort que j’étais une chanteuse country. Je voulais que les gens qui aiment cette musique se sentent dans la gang. Nous ne tournons peut-être pas à la radio, mais en contrepartie, nous avons toujours reçu beaucoup d’affection des gens. »

Son complément

En couple avec Carl Bazinet depuis 1998 et mariée depuis 2002, Guylaine a trouvé son complément. Il est à la foi son complice, son amoureux, le père de sa fille Marie-Pierre et son gérant.

« Il reste dans l’ombre, car c’est ce qu’il préfère, et je respecte ça. Sans Carl, je ne ferais rien. Il pense aux projets, les planifie, les organise. Comme il me connaît bien, ce sont toujours des projets sur mesure pour moi. Même si j’ai l’air game, je commence toujours par refuser. J’ai peur de perdre ce que j’ai déjà. C’est un peu ma jeunesse qui me ramène à cette insécurité. Maintenant que j’ai une belle vie, je ne veux pas la risquer… Nous ne faisons pas les choses pour ma carrière, mais parce que j’en ai envie. »

Au niveau familial aussi, ce duo s’accomplit de manière admirable. Carl avait déjà une fille, Guylaine aussi. Ensemble ils ont eu Marie-Pierre, en 2000. « Mon aînée, Marilyne, vit à Whistler. Marie-Pierre est la plus musicale de la famille. Elle a écrit I’m your mother sur mon plus récent album. Marie-Pierre écrit et compose. Elle m’accompagne parfois à la télé et je constate qu’elle y prend goût. »

Du côté du soleil

Guylaine a vécu une jeunesse difficile qu’elle a relatée dans le livre La ligne droite. « Comme dans bien des familles au Québec, mon père était alcoolique et joueur, confie-t-elle. Il avait un grand cœur, mais ces défauts nous ont fait vivre bien des problèmes. Quand il buvait, il n’était plus lui-même. J’étais son souffre-douleur, non pas sur le plan physique, mais moral. J’avais du caractère, je le défiais, je le remettais en question et ça lui déplaisait. Je protégeais toujours mes deux petits frères. Ma mère, comme bien des conjointes, a laissé aller les choses. J’ai pris les guides de la famille : j’étais la mère et je m’occupais de mes frères. Je crois avoir réussi à les épargner. »

Elle raconte que les membres de la famille du côté de sa mère étaient très proches. « J’étais toujours chez ma grand-mère Dufour. C’était un rayon de soleil ! Je n’étais pas toujours malheureuse, mais si je l’étais, je n’avais qu’à traverser chez ma grand-mère. La vie était heureuse dans cette maison. Ça m’a sauvée. Parfois, c’était sombre dans ma vie, mais j’ai toujours couru après le soleil… »

Aujourd’hui, à la veille de ses 48 ans, Guylaine peut se targuer de réussir sa vie familiale, sa vie de couple, sa vie de femme et sa carrière. « Les petites blessures peuvent parfois ressurgir, mais le bonheur se cultive. Carl, c’est Monsieur Bonheur. Il a apporté de la légèreté dans ma vie. Il faut profiter de ce qu’on a et arrêter de vouloir ce qu’on n’a pas. »

Photo : Bruno Petrozza