Encore les mêmes croquettes ! Faut-il varier l’alimentation des chats et des chiens?
Michel Pepin, DMVLes humains aiment varier leur menu. Mais votre chat, lui, se tanne-t-il de manger toujours la même chose ? Plaisir gustatif et santé digestive : démêlons les idées reçues.
En tant que vétérinaire, c’est une question qu’on me pose souvent. Dernièrement, chez mon dentiste, un monsieur me raconte que lui et sa femme viennent d’adopter un chat. Il souhaite lui offrir une variété d’aliments (conserves, nourriture sèche, restants de table), tandis qu’elle tient à ne mettre à sa disposition que des croquettes. Sans hésiter, il me demande : « Vous, docteur, aimeriez-vous toujours manger la même chose ? » Et moi de lui répondre, en rigolant : « Bien sûr que non, mais je ne suis pas un chat non plus ! »
Dans les faits, si l’homme n’était pas son pourvoyeur de nourriture, à l’état sauvage, le chat, comme ses ancêtres, dévorerait constamment le même menu : une souris le matin, une autre le midi, de l’herbe et quelques insectes en collation et, avec un peu de chance, un oiseau le soir !
C’est avec ce régime plutôt routinier que ces petits félins ont vécu pendant des millénaires. Ne craignez donc pas que votre chat finisse par se lasser d’ingurgiter une nourriture identique, surtout si, au départ, il adore le goût et la texture de ce que vous lui offrez.
Pourquoi devriez-vous vous sentir coupable de ne pas lui proposer une multitude d’arômes différents chaque jour ? Du foie le lundi, du thon le mardi, du poulet le mercredi, du bœuf le jeudi, des fruits de mer le vendredi, du ragoût le samedi et le festin du chef le dimanche ?!… Ben voyons ! Au contraire, ces changements fréquents de composition (conserve humide, sachet semi-humide ou nourriture sèche) risquent de provoquer des problèmes de digestion et, à l’occasion, de rendre le chat encore plus sélectif.
Renifler plus que goûter
Il est évident que la langue d’un félin possède de nombreuses papilles gustatives et qu’il est en mesure d’apprécier certaines saveurs. Toutefois, le chat ne disposant que de 473 bourgeons gustatifs, comparativement à 1 706 pour le chien et à près de 9 000 pour l’homme, on peut affirmer qu’il est un goûteur plutôt médiocre. En fait, il est peu sensible aux saveurs sucrées, déteste celles qui sont acides et préfère le salé et l’amertume. En réalité, c’est davantage un « renifleur » qu’un goûteur !
Il est donc recommandé d’offrir une certaine stabilité dans le type d’aliment proposé, tout en s’assurant de lui servir une nourriture de qualité répondant à ses besoins. Donner pendant des années une même alimentation mal équilibrée pourrait, au contraire, s’avérer très dommageable. Il est toutefois essentiel de se rappeler qu’il faut adapter la catégorie de nourriture en fonction de l’âge : un chaton, un chat adulte et un chat âgé n’ont pas du tout les mêmes besoins. Bref, oui à une certaine constance, mais en sachant que des modifications au régime peuvent être nécessaires et tout à fait justifiées selon l’état de santé. Un chat diabétique n’aura pas la même alimentation qu’un chat souffrant d’insuffisance rénale !
Cessez donc d’avoir des remords ! Choisissez une nourriture de qualité et, s’il l’aime, votre chat sera heureux tous les jours. Sachez aussi que tous ces conseils s’appliquent également aux chiens !