Jeux FADOQ provinciaux | Il court malgré le cancer
Marathonien chevronné, François Bernatchez a relevé son lot de défis sportifs. Celui qui l’attendait à la 33e édition des Jeux FADOQ provinciaux était toutefois d’une tout autre nature. Rencontre avec un homme qui refuse de faire du surplace, même lorsque la maladie tente de lui barrer la route.
François court. Compulsivement même, de son propre aveu. En un peu plus de 33 ans, il a couru les marathons de Boston, New York, Berlin, Londres, Paris, Athènes, Beijing, Kilimandjaro… Cinquante-deux au total. Sans compter ses deux ultramarathons, son ascension du mont Blanc et son trek jusqu’au camp de base de l’Everest.
Et le voilà à Saint-Hyacinthe, sur la ligne de départ de l’épreuve du 5 km de la finale des Jeux provinciaux de la FADOQ. Ce qui serait normalement pour lui une simple course représente cet automne un défi particulier. C’est que François enfile son dossard et ses souliers de course alors qu’il est à mi-chemin de sa chimiothérapie.
« J’en suis rendu à mon cinquième traitement… Il m’en reste sept, raconte l’homme de 69 ans. Malgré ça, j’essaie d’avoir la vie la plus normale possible. »
Face à la maladie, la normalité est toute relative. Pour lui, c’est courir.
Pour le plaisir, certes, mais pas seulement.
« Ça m’aide dans mon combat contre le cancer », avance celui qui représente la région FADOQ de l’Estrie, y voyant une sorte de médicament qui atténue grandement les effets secondaires de sa chimio. C’est bon pour son bien-être physique, mais aussi pour son moral.
Convaincu du potentiel thérapeutique de l’activité physique pour les gens comme lui, il va même participer à un protocole de recherche sur le sujet, mené par l’Institut de gériatrie de l’Université de Sherbrooke.
C’est un événement que je ne voulais pas manquer, même si, dans mes circonstances actuelles, je ne m’attends pas à performer.
Participer, l’objectif premier
Compte tenu de sa situation, on aurait pu le comprendre s’il avait tiré un trait sur sa participation aux Jeux FADOQ 2026. Mais pour cet accro à l’activité physique, il n’était pas question de sauter son tour.
« C’est un événement que je ne voulais pas manquer, même si, dans mes circonstances actuelles, je ne m’attends pas à performer, confie-t-il. L’important, c’est d’être présent et de participer, de rencontrer mes copains coureurs, mes copines coureuses. C’est l’objectif premier. »
Si les Jeux provinciaux FADOQ représentent une grande messe de l’activité physique chez les personnes aînées, François Bernatchez pourrait bien en être le plus grand apôtre.
« C’est vrai, l’adage « Grouille, sinon ça rouille », lance-t-il. Plus on avance en âge, plus on perd de la masse musculaire. Si on est sédentaire, plus on va avoir de difficultés sur le plan de la santé et de la mobilité. »
Se garder jeune
Si son histoire peut convaincre de l’importance de l’exercice et d’une vie active, il aura fait œuvre utile. Marche, course, natation, pickleball… Ce qui compte, c’est de bouger, peu importe la manière.
« Ça permet aussi de côtoyer des gens et de briser l’isolement. Ce n’est pas nécessaire de faire des compétitions. Il y a des groupes de course et des groupes de marche qui permettent aux gens de se rencontrer et de socialiser. C’est très important. Lorsqu’on est à la retraite, on a moins de contacts avec le public et ça nous garde connectés, et jeunes aussi ! »
C’est vrai, l’adage "Grouille, sinon ça rouille". Plus on avance en âge, plus on perd de la masse musculaire. Si on est sédentaire, plus on va avoir de difficultés sur le plan de la santé et de la mobilité.
Le fil d’arrivée
Dans toute épreuve de course, il y a un objectif, que ce soit de la remporter, de battre son meilleur temps ou de croiser le fil d’arrivée. Dans l’épreuve de la maladie aussi, il y a un but.
Sportivement, le coureur lorgne le marathon de Sydney, en Australie. Après ses traitements, cela lui donnerait l’occasion de fouler un nouveau continent.
Mais l’objectif ultime qui l’aide à « passer à travers » est bien plus près de son cœur : « J’ai dit à mon oncologue que mon objectif est d’assister au mariage de chacune de mes petites-filles de 6, 8 et 10 ans. »
Avec l’appui de son épouse, son socle, comme il la décrit, François a bien l’intention d’atteindre son but.
En collaboration avec Elom Defly