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Course à pied après 50 ans : un moteur de changement

Sports et loisirs
Vie active
Simon Diotte
Un homme et une femme aux cheveux argentés font du jogging dans un parc en été.

Oubliez les clichés : à 50, 60 ou 70 ans, il est toujours temps de savourer le plaisir de courir. Pour se remettre en forme, certes, mais surtout pour renouer avec la joie simple de bouger. Suivons un groupe d’adeptes pour qui l’endurance n’a pas d’âge et pour qui la course est devenue un véritable moteur de changement.

Quand je rejoins le Club de course de la FADOQ pour réaliser ce reportage au parc Maisonneuve, à Montréal, je m’attends à devoir convaincre des participants récalcitrants à témoigner de leur expérience, entre deux séances de jog. Toutefois, ce n’est pas du tout ce qui se passe. Quand j’arrive, je suis presque accueilli comme une vedette. Non seulement je me sens tout de suite bienvenu dans le groupe, mais, en plus, les membres courent après moi pour me parler de leur vécu.

« Comme une grosse famille »

Quand l’échauffement débute, Suzanne St-Pierre, qui se présente instantanément et fièrement comme la doyenne du groupe à 76 ans, m’aborde en me disant que ce club, c’est du bonheur en barre. « On a tellement de fun ensemble! On jase, on placote et on se taquine. On est comme une grosse famille », dit Mme St-Pierre, qui est très satisfaite de sa forme physique, avec raison. « Je suis hot, hein? », m’interpelle-t-elle avec un sourire radieux.

On a tellement de fun ensemble! On jase, on placote et on se taquine. On est comme une grosse famille.

Ce mercredi matin, ils sont 17 membres du club de course au rendez-vous, dont l’âge oscille entre 50 et 76 ans. Leur entraîneuse, Claudine Poirier, une marathonienne aguerrie, doit faire un peu de discipline face à ce groupe qui n’arrête pas de blaguer. « Ces gens-là sont tellement motivants et inspirants. Ils voient que, grâce à leur entraînement, ils ne sont plus totalement essoufflés lorsqu’ils montent des marches. Pour plusieurs d’entre eux, c’est le début de leur remise en forme », constate Claudine Poirier, qui poursuit actuellement des études de maîtrise en gérontologie.

Un bonheur contagieux

Dino Olivieri, « comme les pâtes », précise-t-il, fait partie des nouveaux convertis aux bienfaits de la course à pied. « Je faisais de la remise en forme au parc Maisonneuve lorsque j’ai vu ce groupe courir dans la bonne humeur. J’ai immédiatement décidé de les rejoindre », dit ce retraité de 64 ans. Dino Olivieri est passé en peu de temps de sédentaire bedonnant à coureur de 5 km. « Je suis tellement plus en forme qu’avant et je dors maintenant comme un bébé. Je chante quand je reviens d’un entraînement tellement je suis heureux », confie celui qui participera à la course de 5 km du Marathon de Montréal pour une seconde fois en octobre prochain.

Je suis tellement plus en forme qu’avant et je dors maintenant comme un bébé.

Pour la plupart d’entre eux, le fait de courir en groupe maintient leur motivation à son maximum. « Sans cette réunion hebdomadaire, je serais incapable de sortir pour m’activer en hiver », témoigne Christine Bernier, 68 ans, qui s’entraîne maintenant douze mois par année. La prise en charge par l’entraîneuse pèse aussi beaucoup dans la balance.

Quand les lièvres aident les tortues

Après une trentaine de minutes de jogging, entrecoupées de pauses revigorantes, une participante me rejoint en me disant qu’elle doit ABSOLUMENT me parler. Maryse Grenier me déclare tout de go que ce club de course a sauvé sa retraite. « Quand j’ai pris ma pension du réseau de la santé, où je travaillais depuis 37 ans, je me suis coupée de mon réseau social. Ce club me permet de le rebâtir à chaque séance. Au-delà des entraînements, notre groupe a une page Facebook où on échange sur les courses à venir, la nutrition et l’entraînement », me raconte-t-elle.

Inutile d’être un athlète pour intégrer cette communauté. Les entraînements sont adaptés pour tout le monde. Lors des sorties, les lièvres s’assurent de ne laisser personne derrière : ils font demi-tour afin de rejoindre les tortues et les encourager. Et ce n’est pas seulement pour les « vieux ». Sonya Perron, qui vient de souffler ses 50 bougies, est la cadette du groupe. Elle adore l’ambiance et la formule des entraînements. « On est tellement loin des clichés associés au troisième âge », dit cette employée du système de la santé, qui a congé les mercredis.

Après l’entraînement, je réussis à m’entretenir avec Claudine, l’entraîneuse. « Mon objectif est de leur démontrer que ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’on ne peut pas se sentir bien dans sa peau, qu’on ne peut pas être en forme et qu’on ne peut plus s’améliorer », déclare la motivatrice en chef, qui transmet efficacement sa passion. Qui a dit que la course ne pouvait pas changer le monde?

Ressources pour découvrir la course à pied

La course à pied n’est pas un sport simple. Les néophytes sans encadrement se blessent presque à chaque coup. C’est pour cette raison que l’initiation à ce sport se fait favorablement avec un bon encadrement. Voici quelques manières d’y parvenir…

Si vous résidez ailleurs, voici d’autres options à envisager :

 

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