Passer au contenu
Personnalisez votre expérience

Les services de localisation sont désactivés ou indisponibles. Vous pouvez les activer et réessayer, ou entrer votre emplacement dans la barre de recherche.

Trouvez votre site régional

Profitez pleinement des rabais, activités et nouvelles près de chez vous.


L’échange de maisons : le secret des voyageurs malins

Voyage
Astuces
Marie-Carole Daigle
Une femme souriante porte une valise en montant les marches d'une maison.

Pendant que Jacques et Hughette admirent un volcan près de Reykjavík, un couple islandais profite de leur cour fleurie à Repentigny. Utopique, l’échange de maisons ? Risqué ? Explorons la question…

Bien des gens rêvent de profiter de leur retraite pour voir du pays. Mais une fois le moment venu, deux obstacles se présentent souvent : le coût élevé de l’hébergement et l’impression de découvrir la destination à travers le filtre du tourisme. Pour contourner ces limites, de plus en plus de voyageurs optent pour l’échange de maisons.

« Mon premier échange a été tout à fait informel, raconte Françoise. Il y a 11 ans, j’ai vu sur un forum de traducteurs l’annonce d’un confrère madrilène qui souhaitait échanger son appartement avec quelqu’un du Québec. Je lui ai écrit, et il m’a prêté son charmant appartement au cinquième étage d’un immeuble du centre-ville durant trois semaines ! J’ai trouvé la formule tellement géniale que, dès mon retour, je suis devenue membre d’un réseau spécialisé. »

Il va sans dire que l’échange par l’intermédiaire d’une plateforme reconnue, plutôt que de façon informelle, est la voie à privilégier. Comment ça fonctionne ? Chaque membre crée un profil dans lequel il présente sa maison, ainsi que ses disponibilités et ses intérêts personnels. Une fois cette information en ligne, les membres qui souhaitent séjourner dans sa région peuvent lui proposer un échange. Les frais d’abonnement (trimestriel, annuel, etc.) varient d’une plateforme à l’autre.

Un échange peut être simultané (« Je vais chez vous pendant que vous êtes chez moi »), non simultané (« J’irai chez vous à une autre date ») ou se faire au moyen d’un système de crédits. Dans ce dernier cas, une personne qui accueille des voyageurs chez elle accumule des crédits (appelés « points », « globe » ou autrement selon la plateforme), qu’elle peut ensuite utiliser pour séjourner chez un autre membre, sans que celui-ci vienne nécessairement chez elle en retour. C’est aussi simple que cela !

La plupart des membres échangent leur résidence principale, et certains mettent à disposition une résidence secondaire ou un logement attenant à leur domicile. D’une escapade d’un week-end à un séjour de plusieurs mois, toutes les formules sont possibles !

« Une fois qu’on a découvert les vacances en échange de maisons, difficile d’imaginer une autre façon de voyager !

Une question de confiance

« Jamais je ne laisserai des inconnus dormir dans mon lit ! » Voilà sans doute la réserve la plus souvent exprimée à l’égard de l’échange de maisons, souligne Caroline, qui a réalisé une dizaine d’échanges au sein du réseau HomeExchange. « Pourtant, on accepte sans hésiter de dormir dans un lit d’hôtel qui a peut-être été occupé par 365 personnes différentes — voire le double — en un an ! » fait-elle remarquer avec amusement.

Autre crainte souvent évoquée : celle de se faire voler. Or, avant de pouvoir participer à un échange, un membre doit franchir un processus de vérification comprenant notamment la validation de son identité. Les profils contribuent ensuite à établir un climat de confiance grâce aux photos du domicile, à la description personnelle et aux commentaires laissés par les autres membres à la suite de chaque échange.

Enseignant à la retraite, Jacques est ni plus ni moins un expert en échange de maisons. Sa femme Hughette et lui comptent plus de 100 échanges au compteur (Corse, Espagne, Portugal, Irlande, Slovénie, Nouvelle-Zélande, New York, Vancouver, etc.) et ils en ont une dizaine au programme, juste pour les prochains mois ! « Pour décider de donner suite ou non à une possibilité d’échange, nous nous fions aux commentaires des autres membres, explique -t-il. Quand il y a des notes parfaites de 5 sur 5 tout le temps, les gens n’hésitent pas à nous accueillir, et c’est la même chose pour nous ! »

« Plus un profil est complet et authentique, plus il inspire confiance, explique Drew Seitam, cofondateur du réseau People Like Us (PLU). À l’inverse, un profil peu détaillé, sans photos ni commentaires, mérite quelques vérifications supplémentaires. Un simple appel vidéo avant de confirmer un séjour dissipe souvent les dernières hésitations. »

PLU propose d’ailleurs quelques conseils pour aider les membres à rendre leur profil plus attractif.

Christine se souvient avoir hésité à échanger avec une famille parisienne ayant deux enfants en bas âge, car elle venait tout juste d’installer un canapé blanc dans son salon ! « Nous avons fait un appel vidéo avec la maman et, lorsque je lui ai fait part de cette hésitation, elle a tourné sa caméra vers son propre salon : il y avait un canapé blanc, immaculé ! Ça m’a rassurée. Et de fait, notre maison était impeccable à notre retour… »

La participation aux activités organisées par la plateforme est aussi une excellente façon d’apprivoiser le concept. « J’hésitais énormément à confier ma maison à des étrangers, se rappelle Gilles, entrepreneur membre de HomeExchange depuis neuf ans. Mais toutes mes craintes se sont envolées lorsque nous avons participé à une rencontre réunissant des membres de Montréal et d’autres qui étaient en échange dans la région. Quand j’ai vu l’attitude et le savoir-vivre de tous ces membres, j’ai dit à ma conjointe : “On signe !”  Depuis, nous avons fait des échanges à Nantes, dans un condo de Calgary, dans une fermette près de Magog, au Mexique, où nous avons logé dans la magnifique maison de deux architectes canadiens, et j’en passe ! »

Les membres ne se considèrent pas comme des locataires anonymes, mais plutôt comme des invités privilégiés dans la maison d’une famille amie.

Une prudence élémentaire

Cela dit, le bon sens demeure essentiel. « Peu après l’inscription de notre maison équipée d’une piscine creusée et chauffée, j’ai reçu une demande d’un jeune couple israélien : ils souhaitaient célébrer la fin de leurs études durant deux semaines en juillet chez nous, accompagnés de quatre amis. J’ai tout de suite pensé à la tranquillité de mes voisins et à mes planchers de bois franc… et décliné la proposition », relate Marianne en riant. Parce que nul n’est obligé d’accepter une demande d’échange !

Il faut aussi vérifier son assurance habitation. « La plupart des polices d’assurance habitation couvrent déjà la présence d’invités, mais il est prudent de vérifier comment l’assureur traite les séjours en échange de maisons », conseille Drew Seitam. Dans bien des cas, il suffit de fournir à son assureur le nom des personnes qui séjourneront dans la résidence. Cette démarche n’entraîne généralement pas de frais.

Vérifiez aussi votre assurance automobile. Car oui, il est possible d’inclure un véhicule dans l’échange ! « C’est vraiment tout un avantage sur le plan financier », assure Jacques. Et il peut y avoir plus… « À Vienne, le membre que nous visitions nous a prêté sa carte d’accès à un stationnement souterrain du centre-ville ! » se rappelle-t-il, heureux de cette attention additionnelle.

Fait intéressant, PLU n’exige aucun dépôt de garantie. Une décision assumée qui reflète la philosophie du réseau. « Nous croyons que la confiance est au cœur même de l’échange de maisons », souligne son fondateur. Les dommages matériels seraient d’ailleurs extrêmement rares. Les membres ne se considèrent pas comme des locataires anonymes, mais plutôt comme des invités privilégiés dans la maison d’une famille amie.

Des lieux et des amitiés

Au-delà des économies réalisées, c’est peut-être cette dimension humaine qui séduit le plus. Dans bien des cas, les échanges donnent en effet naissance à des amitiés durables… si on le veut bien !

« On se fait des amis partout sur la planète ! lance Jacques. En Europe, nous occupions un petit studio jumelé à la maison de notre hôte. Résultat : nous avons partagé un repas avec eux tous les jours ! De fil en aiguille, nous avons rencontré sa famille, les voisins, puis pratiquement tout le village ! Et quand c’est notre tour de recevoir, nous ouvrons la porte tout aussi grand ! »

L’échange de maisons mène aussi parfois à des endroits où l’on n’aurait jamais songé à aller. « En Allemagne, je cherchais en vain une maison à Rastatt, la ville natale du grand-père de mon conjoint, raconte Fanny. Finalement, j’ai pu organiser un échange à quelques kilomètres de là, dans une ville vraiment chouette appelée Malsch, juste à côté de la Forêt-Noire. Il y avait notamment un parc que notre fils a trouvé hyper cool. C’est le genre de découverte inattendue que permet l’échange de maisons. »

On plonge ?

Pour une première expérience, il peut être rassurant de commencer par un échange au Québec ou ailleurs au Canada. Ensuite, vous verrez… « Une fois qu’on a découvert les vacances en échange de maisons, difficile d’imaginer une autre façon de voyager ! » assure Gilles.

Retour au haut de la page