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Une ceinture noire à 91 ans !

Sports et loisirs
Vie active
Denis Messier, un karatéka de 91 ans, pose avec son instructrice, Monique Létourneau.

À 85 ans, Denis Messier a pris une décision peu commune : enfiler un karatégi et monter sur un tatami pour la première fois. Six ans plus tard, le voilà qui obtient sa ceinture noire de premier dan (Shodan) en karaté Shotokan.

Aujourd’hui âgé de 91 ans, le karatéka affirme que cette expérience a « transformé sa façon de vivre la vieillesse ».

« Je ne cherchais ni la compétition ni les exploits. Je cherchais simplement à continuer de vivre pleinement, explique-t-il. Notre société nous répète souvent qu’après un certain âge, il faut ralentir, accepter le déclin et se contenter de préserver ce qui reste. J’ai découvert exactement le contraire. »

Notre société nous répète souvent qu’après un certain âge, il faut ralentir, accepter le déclin et se contenter de préserver ce qui reste. J’ai découvert exactement le contraire.

« Je suis devenu plus vivant »

Au fil des entraînements, il s’est rendu compte que le karaté l’aidait non seulement à conserver sa force musculaire, sa souplesse, son équilibre et sa capacité respiratoire, mais aussi à aiguiser sa mémoire, son attention et sa discipline.

A-t-il trouvé sa fontaine de jouvence ?

« Je ne suis pas devenu plus jeune, concède-t-il. Personne ne le devient. En revanche, je suis devenu plus vivant. »

Chaque nouvelle ceinture lui a également donné un objectif concret, le poussant à se surpasser. Cette progression a dépassé le cadre du dojo.

Évidemment, il sait qu’il n’est pas invincible. L’âge impose tout de même certaines limites. Mais, comme il l’a appris au fil de son parcours, celles-ci « sont souvent plus éloignées que nous le croyons ».

« J’ai compris que le vieillissement n’est pas seulement une question d’années, poursuit-il. Il dépend aussi de notre capacité à demeurer curieux, à relever de nouveaux défis et à continuer d’apprendre. »

Une instructrice inspirante

Pour son instructrice, Monique Létourneau, Denis Messier est une belle source d’inspiration, illustrant parfaitement qu’il n’y a pas d’âge pour se lancer de nouveaux défis.

Selon la femme de 67 ans, qui a atteint le grade de Sandan (ceinture noire troisième dan), le karaté n’est pas une simple discipline sportive. C’est une « véritable école de caractère, où l’humilité, le respect, la persévérance et le dépassement de soi prennent tout leur sens ».

Cette philosophie l’a conduite, il y a dix ans, à fonder le dojo de Saint-Armand destiné aux personnes de 50 ans et plus. Son ambition n’était pas de former des champions, mais d’offrir à des femmes et à des hommes un lieu où retrouver confiance, santé, équilibre et plaisir d’apprendre.

Aujourd’hui à la retraite après une carrière en finances, elle partage son expérience à travers l’enseignement du karaté et continue de transmettre les valeurs qui ont marqué son propre parcours.

Denis Messier ne tarit pas d’éloges envers celle qui l’a formé.

« Ce qui distingue peut-être le mieux Monique Létourneau, c’est la cohérence entre ce qu’elle pense, ce qu’elle fait et ce qu’elle transmet. »

L’important n’est pas la performance. C’est de rester en mouvement.

Jamais trop tard

Pour Denis Messier comme pour Monique Létourneau, le parcours de ces dernières années mène à une même conclusion : la véritable victoire n’est pas sur un adversaire, mais dans la capacité de demeurer vivant dans tous les sens du terme : physiquement, intellectuellement et humainement.

Si Denis Messier partage son histoire, c’est dans le but de convaincre ne serait-ce qu’une personne « de quitter son fauteuil pour entreprendre une activité qu’elle croyait réservée aux plus jeunes ».

« Il n’est jamais trop tard pour commencer quelque chose de nouveau, conclut le karatéka. Ce peut être la danse, la natation, le tai-chi, la marche, la musique ou toute activité qui stimule à la fois le corps et l’esprit. L’important n’est pas la performance. C’est de rester en mouvement. »

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