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Vision après 50 ans : et si vous voyiez moins bien sans le savoir?

Santé et mieux-être
Bien-être physique
Johanne Martin

La cataracte, le glaucome et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) comptent parmi les affections oculaires les plus fréquentes après 50 ans. Souvent discrètes à leurs débuts, elles gagnent pourtant à être détectées tôt. Voici les signes à connaître.

Lire les petits caractères devient plus ardu ? Jusqu’ici, rien d’inquiétant. Mais certaines maladies oculaires évoluent si graduellement qu’on peut s’habituer aux changements sans vraiment s’en rendre compte. Une vision qui s’embrouille, des lignes droites qui ondulent ou une perte graduelle de la vision périphérique racontent parfois une autre histoire. Après 50 ans, la cataracte, le glaucome et la DMLA commandent qu’on les garde à l’œil.

Cataracte : quand le regard s’embrouille

Dans le cas de la cataracte, c’est le cristallin, cette lentille naturelle située derrière l’iris, qui perd progressivement sa transparence. Plus de 2,5 millions de Canadiens en sont atteints, le problème survenant surtout après 60 ans. La vision devient graduellement floue ou voilée, les couleurs paraissent plus ternes et l’éblouissement s’accentue. La conduite à la noirceur se complique, notamment en raison des phares des véhicules qui viennent en sens inverse.

Comme son évolution est généralement lente, on peut s’habituer à moins bien voir sans vraiment s’en rendre compte. « Beaucoup ne réalisent pas l’ampleur des changements visuels qu’ils vivent jusqu’à ce que ceux-ci commencent à interférer avec des activités essentielles », note la Dre Mona Harissi-Dagher, présidente de la Société canadienne d’ophtalmologie. Il existe une chirurgie qui permet de remplacer le cristallin devenu opaque par une lentille artificielle.

Glaucome : le voleur silencieux de la vision

Plus sournois, le glaucome est souvent associé à une pression trop élevée à l’intérieur de l’œil. Le hic ? Dans sa forme la plus courante, il peut progresser pendant des années sans provoquer de symptôme perceptible. La vision périphérique se détériore peu à peu et les dommages sont irréversibles. « Le dépistage représente un enjeu majeur de la lutte contre cette maladie », mentionnent les ophtalmologistes Pierre Blondeau et Paul Harasymowycz.

Détecté tôt, il est possible de ralentir et même de freiner le glaucome. L’âge, les antécédents familiaux tout comme certaines maladies, dont le diabète, en augmentent le risque. Gouttes ophtalmiques, traitement au laser et chirurgie peuvent servir à abaisser la pression oculaire. Le Dr Georges Durr, ophtalmologiste au CHUM et spécialiste du glaucome, travaille entre autres sur des chirurgies qui utilisent de minuscules implants afin de réduire cette pression.

DMLA : quand le centre de l’image disparaît

La DMLA s’attaque pour sa part à la macula, une petite région située au centre de la rétine qui permet de lire, conduire et reconnaître les visages. Elle aussi peut passer inaperçue au début. Puis, la vision centrale devient floue, une tache sombre peut se manifester ou les lignes droites semblent soudain ondulées. Ces déformations constituent un signal d’alarme qui mérite une consultation rapide, particulièrement lorsqu’elles apparaissent brusquement.

La forme sèche de la DMLA, de loin la plus fréquente, évolue généralement lentement. La forme humide, moins courante mais plus agressive, exige quant à elle une prise en charge rapide. Des traitements administrés directement dans l’œil permettent aujourd’hui d’en ralentir la progression et, dans plusieurs cas, de préserver une partie importante de la vision. D’où l’importance de consulter dès l’apparition des premiers signes.

La prévention à portée de vue

S’il n’est pas possible d’empêcher ses yeux de vieillir, certaines habitudes peuvent toutefois contribuer à les protéger. Ne pas fumer figure en tête de liste, particulièrement pour prévenir la DMLA. Un bon contrôle de la tension artérielle et du diabète, de l’activité physique et une alimentation riche en légumes verts sont aussi à privilégier. Bien entendu, le port de lunettes solaires aide également à limiter les dommages cumulatifs associés aux rayons ultraviolets.

Il importe d’abord et avant tout de garder à l’esprit qu’il ne faut pas se fier uniquement à ce que l’on voit pour juger de la santé de ses yeux. L’examen oculovisuel sert à dépister des conditions oculaires pouvant être asymptomatiques, rappelle l’Ordre des optométristes du Québec. L’Association canadienne des optométristes préconise quant à elle un examen de la vue tous les deux ans de 40 à 64 ans, puis chaque année à partir de l’âge de 65 ans.

Des changements à ne pas ignorer

Entre deux examens, certains changements commandent de consulter sans tarder : baisse ou déformation nouvelle de la vue, apparition d’une zone sombre au centre du champ visuel ou détérioration marquée de la vision de nuit. Une vive douleur oculaire accompagnée d’une baisse de vision, de halos, de rougeur, de nausées ou de vomissements exige quant à elle une évaluation urgente, puisqu’elle peut notamment signaler une forme aiguë de glaucome.

Pour savoir quels symptômes sont associés aux principales maladies oculaires liées à l’âge, consultez le guide ci-dessous.

Les signes qui méritent une consultation

Vision floue, champ visuel qui rétrécit, lignes qui ondulent… Cliquez sur chaque condition pour connaître les signes à surveiller.

Bonne nouvelle : vieillir ne signifie pas devoir subir les conséquences de maladies oculaires. Les possibilités de dépistage et de traitement ont considérablement évolué ; une intervention précoce peut ainsi faire toute la différence. Au Québec, l’examen optométrique annuel fait d’ailleurs partie des services couverts par la RAMQ à compter de 65 ans. Raison de plus pour inscrire ce rendez-vous à son agenda, même lorsque tout semble… parfaitement clair !

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