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Placement financier : 3 choses à vérifier avant d’investir votre argent

Argent
Se protéger des fraudes
Karine St-Pierre, avocate

À l’approche de la retraite, ou une fois que celle-ci est bien entamée, l’argent que l’on a accumulé au fil des ans prend une importance particulière. On veut le faire fructifier, bien sûr, mais surtout le protéger. Après des années de travail, personne n’a envie de voir ses économies durement gagnées disparaitre à cause d’un placement financier mal compris.

Que vous soyez un investisseur expérimenté ou que vous commenciez tout juste à vous intéresser à vos placements, trois questions méritent votre attention avant de signer quoi que ce soit : Quel impact les frais auront-ils sur mon rendement? Quels risques suis-je réellement prêt à accepter? Et surtout à qui suis-je en train de faire confiance?

1.      Quel impact les frais auront-ils sur mon rendement?

Lorsqu’on nous présente un placement, on parle souvent du rendement potentiel. Beaucoup moins souvent des frais.

Pourtant, les frais peuvent gruger une bonne partie du rendement au fil des années. Il faut donc prendre le temps de comprendre ce que vous payez réellement. Selon le placement, ça peut être des frais de commission, de transaction, de gestion, sans oublier certains frais d’administration ou des pénalités si vous retirez votre argent avant la date prévue. Ces coûts peuvent sembler minimes au départ, mais avec le temps ils peuvent faire une réelle différence.

Et attention : certains frais sont faciles à voir, alors que d’autres sont prélevés directement à même le placement. Vous ne les voyez donc pas sortir de votre compte, mais ils ont tout de même un effet sur votre rendement.

La bonne habitude à prendre est simple : demandez combien vous paierez, en dollars, et pas seulement en pourcentage. Demandez également ce qui arrivera si vous décidez de retirer votre argent dans six mois, deux ans ou cinq ans.

Si la réponse est compliquée, demandez qu’on vous l’explique autrement. Vous avez parfaitement le droit de comprendre ce pour quoi vous payez.

La bonne habitude à prendre est simple : demandez combien vous paierez, en dollars, et pas seulement en pourcentage.

2.      Quels risques suis-je prêt à accepter?

On entend souvent : « Ce placement est très intéressant ! » La question suivante devrait être : « Mais qu’est-ce que je risque de perdre? »

Tous les placements comportent un certain niveau de risque. Généralement, plus le rendement espéré est élevé, plus le risque l’est aussi.

Mais le risque n’est pas seulement une notion financière. Il faut aussi penser à votre situation personnelle.

Pouvez-vous vous permettre de voir la valeur de votre placement diminuer de 10%, 20% ou davantage sans paniquer? Aurez-vous besoin de cet argent bientôt? Est-ce l’entièreté de votre fonds de retraite, une somme destinée à un projet précis ou un montant dont vous pouvez vous passer pendant plusieurs années?

Un placement convenant à votre voisin, à votre sœur ou à votre meilleur ami ne vous convient pas nécessairement. Le bon niveau de risque est celui qui vous permet de dormir tranquille.

3.      Et si on me promettait la lune?

« Aucun risque » « rendement de 12% garanti » « Occasion exceptionnelle, mais il faut décider aujourd’hui »

Ces phrases devraient immédiatement vous faire hésiter et faire sonner une petite cloche.

Un rendement élevé sans risque n’existe pas. Si une occasion semble trop belle pour être vraie, prenez une pause. Posez des questions, demandez des explications et surtout, ne vous laissez pas presser. Un investissement sérieux ne devrait pas vous obliger à décider sur le moment.

Et avant de confier votre argent à quelqu’un, prenez quelques instants pour vérifier qui est cette personne. Au Québec, l’Autorité des marchés financiers (AMF) permet de vérifier l’inscription des entreprises et individus autorisés. Et petit conseil : Utilisez les coordonnées qui figurent au registre plutôt que celles que la personne vous a elle-même fournies. C’est une précaution toute simple mais qui peut vous éviter bien des ennuis.

Enfin, rappelez-vous ceci : poser des questions ce n’est pas être méfiant, c’est être prudent.

Après tout, c’est votre argent. Ce sont vos économies et, souvent, une partie importante de votre sécurité financière. Vous avez donc parfaitement le droit de prendre votre temps, de demander qu’on vous explique les choses autrement et de dire : « Je vais y penser et je vous reviendrai. »

Prendre quelques minutes de plus avant d’investir peut parfois faire toute la différence.

Un doute? N’attendez pas que la situation s’aggrave

Parfois, les préoccupations apparaissent après l’investissement : des frais inattendus, des placements qui ne semblent pas correspondre à votre profil, des explications contradictoires ou encore des difficultés à obtenir des réponses.

La Division en protection des investisseuses et des investisseurs de la Clinique juridique de l’Université de Montréal accompagne les personnes qui estiment avoir subi un préjudice en lien avec leurs placements ou les services financiers reçus. Elle offre gratuitement de l’information juridique vulgarisée concernant les droits des investisseuses et investisseurs, les recours disponibles et les démarches qui peuvent être entreprises.

Si vous avez des questions ou souhaitez discuter de votre situation, vous pouvez communiquer avec la clinique au 514 343-7851 ou consulter le site clinique-juridique.umontreal.ca.

Parce qu’en matière d’investissement, être bien informé est souvent la meilleure protection.

Me Karine St-Pierre est superviseure de la Division en protection des investisseuses et investisseurs de la Clinique juridique de l’Université de Montréal.

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