Tête-à-tête avec Gino Chouinard
On le connaissait matinal, mais, désormais, c’est en fin de journée qu’on peut écouter Gino Chouinard, à la barre de l’émission du retour au 98,5 FM. Alors qu’il se préparait à poser ses questions à ses invités, il a répondu en rafale à celles de Virage.
Quels sont vos coups de cœur culturels ces temps‑ci?
J’ai adoré la série Antigang, que j’ai suivie avec ma blonde. Récemment, j’ai lu Akim Gagnon : Le cigare au bord des lèvres et La dèche. C’est très drôle. J’aime beaucoup la peinture. J’ai un coup de cœur pour René Derouin, qui fait partie de la lignée des grands artistes québécois. À 90 ans, il travaille encore.
La bouffe « réconfort » par excellence?
Sans aucun doute un plat de ma mère, entre autres son poulet mijoté avec une sauce sucrée, qui est extraordinairement bon. Son renversé aux framboises et ses grands-pères au sirop d’érable me ramènent à ma jeunesse.
Quand vous avez besoin de bouger, que faites-vous?
J’adore le tennis! Mon corps en a besoin. J’ai l’impression de jouer et d’avoir du plaisir, et non pas de m’entraîner ou de pratiquer un sport.
Et quand vous avez besoin de calme, où allez-vous?
Je vais soit au musée, soit dans mon sous-sol où j’ai aménagé un petit coin bien « relaxe » et enveloppant. Je m’installe là avec un livre ou avec mon ordi.
Quelle est la dernière chose qui vous a fait rire?
Ce n’est pas la dernière, mais au printemps dernier, mon ami Jean-Michel Anctil était à la maison pour regarder le hockey. Il était si stressé qu’il arrêtait de respirer. Je voulais lui donner un relaxant, parce que ça n’avait pas de bon sens!
La dernière chose qui vous a ému?
En mai dernier, j’ai donné une conférence à l’école polyvalente de Plessisville, là où il y a 42 ans, j’ai participé à un concours oratoire pour le Club Optimiste. Je me suis donc retrouvé à parler de mon parcours professionnel sur la scène où tout a commencé. J’ai été confronté au Gino de 1994. Cela m’a procuré une charge émotive surprenante.
Qu’est-ce qui vous fait grincer des dents?
Je souffre de bruxisme la nuit, mais ça, c’est autre chose… (rires). Les sites qui reprennent nos publications personnelles et en font des articles sont un irritant majeur. Je ne publie presque plus sur les réseaux sociaux parce que je sais que ce que j’écris va se retrouver sur ces sites, avec un titre sensationnaliste. Si on veut vraiment des nouvelles, il faut aller sur les pages des artistes.
Quelle petite chose du quotidien vous rend vraiment heureux?
Prendre un café le matin avec mon chien Maurice, que je ne voulais pas, et relaxer… (rires). Aller au lit et en sortir quand j’en ai envie, c’est un avantage extraordinaire.
Quel est le plus beau commentaire reçu d’un admirateur? Et le plus étrange?
Une dame m’a dit : « Votre voix m’accompagnait le matin, et je ressens encore votre absence. » C’était quelque chose de vraiment poétique et de très doux.
Le plus étrange, je l’ai reçu lors de l’ouverture d’un Chocolats Favoris à Blainville, alors que j’étais en direct sur mon Facebook. Un monsieur m’a tendu la main et m’a dit à la blague : « C’est la première fois que je mets ma main dans la m… » Sa femme était tellement fâchée que la chicane a pris dans la file d’attente! Par la suite, j’ai été obligé d’intervenir sur la page Facebook pour demander aux gens de laisser cet homme tranquille, car il se faisait poivrer!
Qu’y a‑t‑il de plaisant dans le fait de vieillir? Et qu’est-ce qui l’est un peu moins (ou pas du tout)?
En vieillissant, les raideurs changent de place! (rires) Je trouve difficile d’avoir 30 ans dans ma tête… mais pas dans mon corps. Et il reste moins de temps qu’il y en avait. J’aime cependant avoir une perspective différente sur beaucoup de choses. En vieillissant, on se rend compte que notre parcours a été parsemé d’échecs qui ont fourni un apprentissage extraordinaire.
Quel échec vous a justement permis d’apprendre le plus?
J’ai fait ma carrière sur un échec. Mon premier rêve était de devenir acteur. Je me suis planté, et je suis devenu un animateur par erreur. Ma conférence Comment ÇA, impossible porte justement là-dessus. Pendant une heure, je retrace le parcours de mes échecs en expliquant comment ils ont été des catalyseurs.
Quelle erreur souhaiteriez-vous oublier?
Je me suis déjà embarré à l’extérieur d’une station de radio un lundi matin de la fête du Travail. Ça a pris un serrurier pour me faire rentrer à la station de radio à Joliette. Je pensais que j’allais perdre ma job…
Que diriez-vous à l’homme de 20 ans que vous étiez?
« N’abandonne surtout pas », parce que j’ai failli abandonner à plusieurs reprises quand les choses n’allaient pas comme je le désirais. Ç’aurait été décevant que je laisse tomber.
Ce qui vous occupe actuellement?
Mon retour à la radio après 25 ans, au 98,5, à l’émission Le Québec maintenant [depuis le 17 août], de 15 h à 18 h 30 sur le réseau Cogeco.
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