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Petits bonheurs croates
Petits bonheurs croates
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Une mer bleue, des influences slaves, italiennes et autrichiennes, une belle nature et des villes médiévales au passé glorieux. Bienvenue sur la côte Adriatique, en Croatie.

Depuis que les conflits entre les différents États de l’ex-Yougoslavie – qui ont ensanglanté les Balkans pendant la décennie 90 – sont terminés, les touristes affluent en Croatie, petit pays charmant et accueillant. Organisations et Croates semblent d’ailleurs s’y mettre pour en faire valoir les atouts. Dans les hôtels, les restaurants et les magasins, des employés souriants nous ont conseillé des lieux d’intérêt dans leurs régions respectives en nous disant : « Voyez comme c’est beau chez nous ».

Ma foi, ils ont raison. Sur la côte Adriatique, nous avons fait la dolce vita. C’est que l’Italie est en face, sur l’autre rive. Cela s’entend – plusieurs Croates parlent italien – et cela se savoure, les pastas étant au menu un peu partout.

La belle côte Adriatique, nous l’avons longée depuis la Slovénie jusqu’à Dubrovnik. Voici nos coups de cœur.

Chics stations balnéaires

Avec une ligne côtière de plus de 1500 km, vu les baies et les anses qui la découpent, sans compter les quelque 1200 îles, les stations balnéaires sont nombreuses. Opatija et Sibenik nous ont charmés.

Opatija (prononcez Opatiya) s’est développée quand les élites de la dynastie des Habsbourg ont découvert les vertus thérapeutiques du bord de la mer et du doux climat que lui vaut sa situation géographique. C’est d’ailleurs à Opatija que le premier hôtel sur l’Adriatique a été construit. Certains accueillent toujours les voyageurs et confèrent à la ville une élégance viennoise. À Opatija, on se promène dans les jardins de la Villa Angiolina et sur la promenade maritime longue de 14 km bordée de bars et de restaurants avec vue sur la mer. De là, on peut également aller visiter Rovinj, port de pêche et village médiéval (83 km), et Pula (100 km), où la magnifique arène romaine bien conservée vaut le détour. Il faut toutefois savoir qu’à Opatija, les plages sont en béton.

Nous avons aussi adoré nous la couler douce au complexe touristique Solaris, à une dizaine de km de Sibenik (prononcez Chibenik). Un parc aquatique, des restaurants, des bars, une plage de galets et quelques complexes hôteliers de type tout compris aux abords de piscines luxueusement aménagées forment cette zone balnéaire où tout est relié par une promenade maritime. Il y a peu à visiter autour mais passablement d’activités sur place. Pour une courte pause, c’est un endroit agréable.

Plitvice

Le Parc national des lacs de Plitvice est classé au patrimoine de l’Unesco des phénomènes naturels d’une importance esthétique exceptionnelle. On peut y faire une randonnée en forêt sur des sentiers balisés et des passerelles de bois où l’on côtoie pendant quatre heures 16 lacs turquoise qui se déversent les uns dans les autres par de magnifiques chutes, un dénivelé total de 134 mètres. Plusieurs parcours sont possibles selon ses capacités.

Trois villes médiévales

Nous avons visité de nombreuses et charmantes villes médiévales. Nos préférées : Dubrovnik, Split et Zadar.

Parce que le point de vue sur les vieilles ruelles, les édifices et les maisons est spectaculaire, faire le tour de Dubrovnik sur ses remparts est l’un des moments forts de notre voyage. Les remparts sont bien conservés et font 2 km. Il faut compter 2 heures de marche au gros soleil pour le tour complet. On peut toutefois s’arrêter pour une glace ou un rafraîchissement. Si nos capacités ne nous permettent pas le tour complet, on montera à l’entrée principale de la Porte Pile, là où sont les plus beaux points de vue, et l’on pourra redescendre à la prochaine entrée. Il y a foule et la plupart du temps la visite se fait à sens unique.

On peut également prendre une excursion en bateau pour voir les remparts d’un point de vue différent, depuis la mer. Pour les inconditionnels de la série télévisée Game of Thrones, des opérateurs offrent des visites guidées et commentées des différents lieux de tournage de la saga, notamment sur le site de la bataille de la baie de Blackwater et la forteresse de Lovrijenac.

Un secret des locaux ? Les crêpes à la glace de Dolce Vita, un petit endroit avec une terrasse à l’angle de la ruelle Naljeskoviceva, sont un inoubliable péché mignon de gourmandise.

La particularité de Split, c’est sa vieille ville aménagée dans l’enceinte du palais romain de Dioclétien, construit au IIIe siècle. C’est une ville à l’intérieur des fortifications d’un palais. Si l’on arrive par le front de mer, on entre par la porte de bronze qui mène au sous-sol où sont aujourd’hui installés les vendeurs de souvenirs. On peut aussi y voir exposés les résultats des fouilles menées sur le site. À l’intérieur des murs, on visite le baptistère de Saint-Jean et la cathédrale Saint-Domnius.

Sur la pointe de la péninsule de Zadar, la mer joue de l’orgue dans une ingénieuse structure de tuyaux. Une étonnante musique. On peut s’asseoir un moment sur les marches pour l’écouter en admirant l’océan devant soi. Tout près se trouve le Salut au Soleil, un cercle de 22 m de diamètre incrusté dans le béton de la jetée, qui absorbe l’énergie solaire durant le jour et la diffuse en motifs colorés en soirée. Zadar est aussi la ville du Maraschino, une liqueur alcoolisée aux cerises griottes.

L’île de Marco Polo

Le célèbre explorateur Marco Polo est-il vraiment né à Korcula ? Il n’y a pas de preuve irréfutable. Cependant, les historiens s’entendent pour dire qu’il est né dans la république de Venise. Or, à cette époque (1254), Korcula était sous la domination de Venise. Korcula est une île longue de quelque 46 km, en Dalmatie, et c’est aussi une fort jolie ville à l’est de l’île. On flâne dans ses ruelles, on mange sur ses terrasses, et l’on visite la cathédrale de Saint-Marc, l’hôtel de ville et le monastère franciscain. Et puis… on se fait photographier devant la maison de Marco Polo pour le plaisir de poser ses pieds sur les mêmes pierres que lui, sept siècles plus tard. Les saveurs typiques de Korcula : le Grk, un vin blanc, et le risotto à l’encre de seiche.

Pour aller à Korcula, il faut : 3 h 30 en traversier depuis Split; 15 minutes depuis l’extrémité de la presqu’île de Peljesac et un trajet de 60 km sur une petite route de campagne.

Qu’est-ce qu’on rapporte de la Croatie ? Un cahier d’explorateur qui rappelle Marco Polo, des objets à l’effigie de la série culte Game of Thrones, de la lavande, de la broderie et… un grand sac de beaux souvenirs.

Infos pratiques

Unité monétaire : le kuna (HRK); actuellement, 1 CA $ vaut 5 HRK.

Comment ? Il y a de nombreux circuits de groupe en Croatie. La côte Adriatique est aussi une destination des croisiéristes. On peut également la visiter de façon autonome en louant une voiture. Les autoroutes sont belles et les chemins en bord de mer, sinueux. L’anglais est parlé à peu près partout par la plupart des Croates.

Quand ? Mai, juin, septembre, octobre.

La Croatie fait partie de l’union européenne depuis 2013 mais n’a pas encore intégré l’espace Schengen (cette zone de 26 pays où les personnes peuvent circuler librement). Il faut donc s’attendre à être contrôlés aux postes frontaliers si l’on fait quelques détours par les pays voisins.

 

Photo : Johanne Landry