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Parodontie et prosthodontie : vous connaissez ?
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La clientèle de ces dentistes spécialistes est très majoritairement composée de baby-boomers. Pourtant, on les connaît peu. Il s’agit des parodontistes et des prosthodontistes. Brossons un portrait de l’univers ultra spécialisé de ces experts.

D’emblée, quelques définitions s’imposent. Le parodontiste se spécialise dans les maladies et les affections de la gencive et des os. Le prosthondontiste, lui, se consacre à la restauration des dents ou à leur remplacement, à l’aide de structures fixes ou amovibles.

Si l’on connaît peu ces spécialités, c’est que chacune ne regroupe que quelques dizaines de professionnels au Québec. Ces derniers ont consacré à leurs études universitaires trois à quatre années de plus que les dentistes généralistes, comme c’est le cas pour sept autres spécialités dentaires.

Bien que leurs patients soient majoritairement recommandés par un dentiste, on peut prendre rendez-vous directement avec un parodontiste ou un prosthodontiste, que ce soit pour obtenir une deuxième opinion, parce que notre plan de traitement s’avère complexe ou parce qu’on souhaite se faire traiter par le professionnel possédant la plus grande expertise dans le domaine qui correspond à notre situation. On s’en doute, leurs honoraires sont habituellement un peu plus élevés que ceux d’un dentiste.

La parodontie en bref

« Une grande partie de notre pratique est de traiter des cas de parodontite, lorsqu’il y a une perte osseuse autour de la dent. Nous nous occupons aussi des cas de déchaussement dentaire, quand la gencive autour des dents s’est usée, souvent en raison d’un brossage de dents trop vigoureux. Dans cette situation, une greffe de gencive s’avère parfois nécessaire pour préserver la dentition naturelle. Par ailleurs, environ 25 % de notre travail consiste à remplacer des dents manquantes », résume André Shenouda, président de l’Association des parodontistes du Québec.

Est-ce qu’on peut passer outre à la recommandation de notre spécialiste de subir une greffe de gencive, par peur de cette chirurgie ou en raison de son coût ? Le parodontiste explique que la gencive est une protection pour la dent, au même titre que la peinture sur une auto réduit les risques de corrosion. « Quand la gencive diminue trop, les problèmes commencent et peuvent mener à la perte de dents », explique le parodontiste.

Pour ce qui est de la parodontite, soit une inflammation du parodonte, nom donné aux tissus de soutien de la dent, il arrive qu’il soit nécessaire d’éliminer le tartre profond par une technique appelée « surfaçage radiculaire ».

Le Dr Shenouda souligne qu’il semble y avoir un lien entre la parodontite et certaines maladies telles que l’arthrite, le diabète, les maladies cardiovasculaires et la maladie d’Alzheimer. « Aucune barrière n’empêche les bactéries qui causent la maladie parodontale d’entrer dans les vaisseaux sanguins et d’affecter d’autres régions du corps », prévient-il.

La prosthodontie en bref

Quant au prosthodontiste, sa spécialité ne se limite pas à la fabrication, la pose et l’ajustement  de prothèses amovibles complètes ou partielles, comme c’est le cas du denturologiste, un technicien détenant une formation collégiale. D’ailleurs, à l’occasion, les denturologistes redirigent des patients vers des prosthodontistes lorsque le niveau de complexité est au-delà de leurs compétences.

« Les prothèses amovibles constituent environ 30 % de notre pratique. Le reste est consacré à la réhabilitation buccale à des fins fonctionnelles et esthétiques. Il s’agit de la restauration de dents, à l’aide de structures fixes sur les dents : des couronnes, des ponts et des facettes », explique Louis De Koninck, président de l’Association des prosthodontistes du Québec.

La clientèle de ce spécialiste se compose à plus de 95 % de baby-boomers. Contrairement à la génération précédente, ils ne sont pas édentés et tiennent à conserver leurs dents, lesquelles sont souvent usées, abîmées ou fragilisées par de grosses obturations.

« Si des soins de restauration ne sont plus possibles et qu’il y a perte de dents, on a très fréquemment recours aux implants dentaires, des ancrages dans l’os qui remplacent les racines perdues par l’extraction des dents. Les implants soutiennent une ou plusieurs dents, en offrant un confort comparable à celui d’une dentition naturelle », poursuit le Dr De Koninck.

Plus la réhabilitation buccale est extensive, plus grandes sont les probabilités que les dentistes généralistes confient leurs clients aux soins spécialisés d’un prosthodontiste. Dans le cas de prothèses amovibles, les clients sont parfois des personnes insatisfaites du niveau de confort que procurent leurs dentiers, notamment parce qu’elles en portent depuis des décennies.

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Mieux brosser pour mieux prévenir

Une bonne hygiène à la maison est essentielle au maintien d’une bouche et de dents en santé. Elle débute par l’utilisation d’une brosse à dents à poils souples, qu’elle soit manuelle ou électrique. « Les brosses à dents à poils moyens et durs ne devraient servir qu’à nettoyer les carreaux de céramique », blague le parodontiste André Shenouda.

Quant à la technique de brossage adéquate, elle consiste à pointer les poils de la brosse à 45° vers la gencive pour qu’ils puissent entrer dans le petit sillon entre la dent et la gencive, lieu de prédilection des bactéries. Avec un mouvement très léger, on fait une rotation avec la brosse à dents pendant quelques secondes, puis on change de dent. En tout, le brossage devrait prendre entre 90 et 120 secondes. On utilise un dentifrice fluoré afin de prévenir la carie et l’on brosse une à deux fois par jour.

Il est aussi très important d’utiliser de la soie dentaire ou une petite brosse interproximale entre les dents, là où prennent naissance bien des problèmes buccodentaires.

Enfin, on doit s’assurer de visiter régulièrement son dentiste et son hygiéniste dentaire.