VIRAGE
Joyeux bénévolat !
Joyeux bénévolat !
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Pour la majorité des gens, le temps des fêtes est synonyme de cadeaux, famille et bonne bouffe. Pour d’autres, le bénévolat est aussi au cœur de cette période au cours de laquelle s’allonge la liste des besoins. Virage vous présente trois as du don de soi.

Line Gaudreau : encyclopédie vivante de Nez rouge

Depuis 31 ans, chaque fois que décembre se pointe le bout du nez, Line Gaudreau pointe le sien à l’Opération Nez rouge de Québec. Ayant porté toutes les tuques imaginables à cette centrale, elle en est devenue l’encyclopédie vivante et celle qu’on peut toujours demander en renfort, quelle que soit la situation…

« J’ai commencé sur la route, à l’invitation d’une amie, se souvient la femme de 58 ans. J’ai toujours aimé la cause et je suis heureuse de constater combien les mentalités ont changé, grâce à Nez rouge, concernant la conduite avec facultés affaiblies. »

Après trois années d’un bénévolat plus occasionnel, Line a occupé presque tous les postes à la centrale de coordination. Aujourd’hui, elle est coresponsable de la trésorerie, en plus de donner un sérieux coup de main dans les autres secteurs, lorsqu’un bénévole ne se présente pas, que le système informatique fait des siennes, etc. Son calme, sa bonne humeur et son humour font d’elle une bénévole très appréciée. Elle a d’ailleurs été intronisée en septembre dernier au Temple de la renommée de l’Opération.

Jusqu’à 60 h/semaine

« Pendant plusieurs années, j’ai fait du bénévolat tous les soirs jusqu’à la fermeture, pour un total de 60 heures par semaine. Maintenant, je me limite à 25 ou 30 heures par semaine », raconte cet oiseau de nuit qui, heureusement, peut se contenter de quelques heures de sommeil avant de se rendre ensuite à son « vrai » travail. Toutefois, cet horaire atypique devient plus lourd, si bien qu’elle songe à redevenir simple bénévole et prépare la relève en ce sens.

Sacrifie-t-elle ses propres partys des fêtes pour Nez Rouge ? « Je ne fais pas de bénévolat le 24 décembre car j’ai une fête de famille. Mais je suis là le 25. Et depuis quelques années, je ne suis pas à Nez rouge le 31 décembre. Et puis, l’ambiance est tellement conviviale à la centrale, que c’est comme une famille. On ne s’ennuie jamais et il n’y a pas deux soirées pareilles. »

D’ailleurs, son sac d’anecdotes déborde de perles de toutes sortes. Comme cette fois où, au début de Nez rouge, un camionneur a téléphoné car il était trop fatigué pour conduire mais que sa cargaison devait être à Sept-Îles le lendemain. Une équipe de Nez rouge a fait le transport Québec-Sept-Îles-Québec !

« Il ne faut pas hésiter à contacter Nez rouge, pour toutes situations de facultés affaiblies, y compris la fatigue », rappelle Line Gaudreau.

Pour devenir bénévole : operationnezrouge.com

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Michel Doyon : tous les chemins mènent aux Petits Frères

Quel lien y a-t-il entre le chemin de Compostelle et les Petits Frères ? Il n’y en avait pas avant que Michel Doyon, déjà jumelé à deux Vieilles Amies, s’engage dans le projet farfelu d’amasser des commandites pour son pèlerinage afin de mieux verser le tout – 63 000 $ – aux Petits Frères de Terrebonne !

Au retour de son périple de 750 km sur la partie française du chemin de Compostelle, qu’il a entièrement payé de sa poche, le quinquagénaire n’en revenait toujours pas d’avoir fait monter si haut, une commandite à la fois, le thermomètre de sa campagne de financement.

« J’ai marché 30 km par jour pendant 25 jours, ce qui est beaucoup. J’ai eu des ampoules, des douleurs aux tendons, etc. Dans les moments plus difficiles, je me motivais en pensant que chaque kilomètre parcouru rapportait 80 $ aux Petits Frères », raconte-t-il, fier d’avoir contribué autrement à cet organisme voué aux personnes très âgées et très seules.

L’amitié en cadeau

Monsieur Doyon a toujours eu des atomes crochus avec les aînés. Aussitôt à la retraite, il a mis cette inclination à profit en cognant à la porte des Petits Frères. Un an après avoir fait connaissance avec Angéline Desbiens, il se sentait capable de remettre ça avec une deuxième Vieille Amie, Madeleine Dupont, une « jeunesse » de 92 ans.

Son amitié prend la forme d’un appel par semaine et d’environ une visite par semaine à chacune d’elles, au cours de laquelle il rend volontiers de petits et grands services.

« Mmes Desbiens et Dupont, tout comme les Vieux Amis en général, éprouvent beaucoup de solitude, un état qui à cet âge génère souvent de la détresse. Je leur apporte une présence mais aussi le réconfort de pouvoir compter sur quelqu’un. »

De son côté, M. Doyon savoure ce lien privilégié avec ces sages dames. Ce bénévolat lui sert de bouclier contre le sentiment d’inutilité qui guette parfois les retraités et lui apporte une grande satisfaction personnelle, au point où il a l’impression de recevoir plus qu’il ne donne. « Quand l’une de mes Vieilles Amies me serre dans ses bras et me dit que j’ai fait sa journée, ça me fait chaud au cœur. »

Noël avec ses Vieilles Amies

Le 25 décembre au midi, ne cherchez pas Michel Doyon ailleurs qu’aux côtés d’Angéline et Madeleine, à la fête préparée par les Petits Frères de Terrebonne. Leur anniversaire respectif est aussi dûment célébré et Michel les accompagne également à d’autres fêtes : Pâques, pique-nique estival, etc.

« Ce sont les moments de l’année les plus précieux pour elles. Elles sont bien vêtues et tout sourire. Même si ma participation à ces événements exige quelques sacrifices du côté de ma propre famille, tant que je le pourrai, je serai là pour mes Vieilles Amies. »

Pour devenir bénévole : petitsfreres.ca, 1 866 627-8653

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Les Ferland ont la Saint-Vincent de Paul dans le sang

À 76 ans, Raymond Ferland est encore un pilier de la Société de Saint-Vincent de Paul de Québec (SSVPQ). Son épouse Madeleine Labonté donne elle aussi un fier coup de main, surtout à l’approche de Noël. Et il y a de la relève à même la famille, puisque leur fils Luc est très engagé et que Guillaume, 12 ans, suit aussi les traces de ses grands-parents !

L’espace manque pour énumérer tous les postes que Raymond Ferland a occupés à la Saint-Vincent de Paul depuis 35 ans, jusqu’à la présidence du Conseil central de Québec. Longtemps, il a eu à son agenda 15 à 20 réunions mensuelles. Bénévole-orchestre, il a été de tous les programmes du secteur de Québec de la SSVP, qui a fourni une aide, principalement alimentaire, à près de 40 000 personnes l’an dernier.

Encore aujourd’hui, il agit conformément à sa devise : « Là où on a besoin, j’y vais ». Il consacre une vingtaine d’heures par semaine à la cause, essentiellement à la visite à domicile de personnes qui font des demandes d’aide et qui, constate-t-il, ont tout autant besoin d’être écoutées que d’être dépannées.

De belles histoires de Noël

On s’en doute, son niveau d’engagement monte d’un cran à ce temps-ci de l’année. Parce qu’il y a les paniers de Noël à préparer, un nombre accru de familles à visiter, etc. Et aussi, parce que c’est la période de la guignolée, de loin la principale source de financement permettant à la Saint-Vincent de Paul de redonner, toute l’année.

Des anecdotes touchantes liées au temps des fêtes, Raymond Ferland en a des dizaines. « Lorsqu’on livre les paniers de Noël, plusieurs personnes sont en pleurs et nous remercient de leur permettre de recevoir leur famille pour le réveillon. »

Et grâce à l’Arbre enchanté, en collaboration avec les Chevaliers de Colomb, 98 % des enfants issus de familles dépannées au cours de l’année déballent le cadeau demandé au père Noël. « Il faut entendre leurs cris de joie lorsqu’ils reçoivent leur unique cadeau. »

Généreux de père en fils

D’une grande humilité par rapport à ses propres accomplissements, Raymond Ferland ne cache pas sa fierté de voir son fils suivre le même profil de générosité que lui et occuper des postes vitaux pour la pérennité de cette œuvre essentielle qui soulage la pauvreté depuis près de 170 ans. Et que dire de son petit-fils qui, si jeune, semble déjà avoir les lettres SSVPQ tatouées sur le cœur… M. Ferland a l’intention de contribuer à la cause tant qu’il le pourra. « J’aime encore ça et je n’y vais pas du tout à reculons. J’apprécie beaucoup ma paie de bénévole : faire vraiment la différence pour quelqu’un. »

 

Pour devenir bénévole : contactez la Société de Saint-Vincent de Paul la plus près de chez vous

Photo : Marc-Antoine Hallé