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Chili, pays des extrêmes
Chili, pays des extrêmes
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Des glaciers, un océan, un désert et une cordillère ! Ces quatre éléments qui enclavent le Chili en font un terrain de jeu sans pareil. Bienvenue dans un pays où la nature en mène large.

Le Chili est le pays des extrêmes. On dirait un vermicelle collé dans le dos des Andes. À peine 36 km séparent ses frontières en son point le plus étroit. Grosso modo, il fait 180 km de large sur quelque 4 300 km, du nord au sud. C’est plus que la distance entre Montréal et Vancouver !

Au nord, Boliviens et Péruviens ne pilent pas trop sur les pieds des Chiliens puisqu’un désert les sépare. À l’ouest, le Chili partage plus de 6 000 km de littoral avec le Pacifique. À l’est, c’est plus de 5 000 km avec l’Argentine, mais les deux cultures se mêlent très peu puisque entre elles se dressent les Andes. Ce n’est qu’au sud, une fois que la Cordillère plonge dans la mer, qu’on marche sur la même pampa ! Argentins et Chiliens partagent alors glaciers, fjords et Terre de feu, mais on n’est plus vraiment en Argentine ou au Chili ; on est plutôt au bout du monde…

Les glaciers du grand Sud

De l’aéroport de Punta Arenas, nous avions prévu visiter une colonie de pingouins, tout près, sur l’île de la Madeleine. Normalement, en octobre, les couples s’y pointent, mais depuis quelques années, changements climatiques obligent, ils n’arrivent souvent plus qu’autour de Noël.

Je me rabats sur les trois heures de route qui nous mènent vers Puerto Natales pour saisir le paysage. Ici, l’herbe rousse pousse malgré les rafales, la sécheresse, El Nino et ses intempéries de fin du monde. Ici, dans le cul-de-sac des Amériques, les troupeaux de moutons et les séduisants gauchos sur leur monture ont quelque chose d’émouvant.

À l’entrée de Puerto Natales, le Parc national Torres del Paine met en vedette ses trois tours de granite. Nos guides, rattachés au fabuleux hôtel Remota, nous entraînent entre lacs et montagnes, à la découverte des guanacos, des condors et des nandous. Mais on lâchera tout pour partir observer un puma, visiblement le roi félin de cette faune andine.

Le clou : trois jours à bord du Skorpios III, un navire qui fait escale trois fois par jour, et hop ! Tout le monde à bord du zodiac pour observer – ou marcher sur – les glaciers. Le bruit sourd des morceaux qui se détachent de l’Amalia, par exemple, résonnera longtemps dans nos oreilles. Là aussi, le réchauffement global se fait sentir. Au-dessus de nos têtes, les oiseaux tourbillonnent et semblent nous engueuler pour notre bêtise humaine.

Les villes

On cherche longtemps le centre-ville de Santiago, une capitale qui ne gagnerait pas de concours de charme, ne serait-ce de Bellavista, un genre de Mile-End à la chilienne où les terrasses sont bondées. À deux heures de bus, au nord, la colorée Valparaiso est plus attachante. Il fait bon parcourir les rues colorées de cette ancienne ville portuaire. On va aussi s’amuser chez sa voisine, la station balnéaire de Vina del Mar.

Cap vers le nord

Pendant que nous sommes dans l’avion, en ce début novembre, les médias de la planète ont les yeux rivés sur le désert d’Atacama, où le redouté El Nino a préparé une surprise de taille : des millions de fleurs mauves, blanches ou rouges viennent d’éclore sur cette mer de sécheresse ! Trois fois, je vérifie la charge des piles de ma caméra.

C’était sans compter l’étendue de mon ignorance. Le désert d’Atacama, le plus aride de la planète, couvre plus de 105 000 km2 ! Nous logeons dans le charmant village de San Pedro… à plus de quatre jours de route du phénomène floral. J’ai alors une pensée indulgente pour nos amis les Français qui planifient visiter le rocher Percé et rentrer à Montréal pour dîner…

Depuis l’aéroport de Calama, au nord, la route qui passe par Chuquicamata ramène toute l’histoire de cette mine de cuivre à ciel ouvert. Nous roulons vers San Pedro d’Atacama, endroit « hip » avec sa rue principale bordée de cafés Internet et d’agences touristiques, qui se parcourt à pied.

Pour s’y rendre, nous traversons deux canyons : la Vallée de la Mort et la Vallée de la Lune. La première est une ancienne nécropole pour les peuples autochtones. La seconde se visite au crépuscule, et les adieux du soleil y sont spectaculaires. La route en serpentin à travers les parois rocheuses prend tous les tons de rouge et d’ocre, et ouvre sur des paysages lunaires. La lumière est sidérante.

Plus haut encore, à 4 300 m d’altitude – assez pour donner des maux de tête et des nausées qu’on combat en mâchant des feuilles de coca – on trouve les geysers d’El Tatio, qu’il faut visiter à l’aube. Ensuite, direction du Salar d’Atacama, une étendue de sel et le plus grand bassin de lithium au monde. Là, au pied des volcans, viennent se nourrir et se reproduire les flamants roses. Images apaisantes d’une rare beauté.

La nuit, dans ce désert, les étoiles donnent rendez-vous aux astronomes des quatre coins de la planète. Les postes d’observation internationaux y font de savantes études pendant que les badauds ébahis devant cette voie lactée exempte de pollution, s’y prennent des torticolis. Les hôtels de luxe, moyennant réservation, organisent des séances d’observation commentées. On prend alors la mesure d’un pays qui sait en mettre plein la vue.

Infos pratiques

  • Le Chili, c’est quatre pays en un. Le nord, son désert, et le climat aride. Le sud, ses glaciers et son climat froid. Le centre, la capitale, les stations de ski et son climat méditerranéen. L’île de Pâques, à près de 4 000 km dans le Pacifique Sud, avec son climat des Tropiques et ses statues mythiques.
  • Son point culminant est l’Ojos del Salado, à 6 893 mètres.
  • Air Canada offre des liaisons quotidiennes au départ de Toronto. Le vol est d’environ 9 heures. LAN assure les vols intérieurs. On compte environ 2,5 heures entre Santiago et Punta Arenas, au sud, ou Calama, au nord.
  • Le peso chilien est la monnaie courante (1 $ CA vaut environ 500 pesos chiliens). Pour le comptant, il vaut mieux avoir des devises américaines.
  • Le coût des hôtels, repas, vêtements et autres biens de consommation est comparable à ce qu’on connaît ici.
  • L’Espagnol est la langue courante et officielle, et la religion catholique est largement répandue, bien que le Chili soit laïque.

 

Notre collaboratrice était l’invitée de Canandès.