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Ça roule pour le fatbike
Ça roule pour le fatbike
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Fini l’hibernation pour les cyclistes en hiver ! Ce n’est pas le réchauffement climatique qui est en cause, mais l’éclosion du fatbike, un vélo aux pneus obèses qui roule sur les sentiers enneigés aussi aisément qu’une motoneige. Prêt à sillonner la forêt sur deux roues ?

Fidèles depuis des décennies au ski de fond, Yves Dumoulin et Julie Desrosiers ne croyaient jamais qu’un jour, ils envahiraient les pistes de fatbike. « Quand nous avons vu pour la première fois ces vélos aux gros pneus, ça ne nous intéressait pas une seconde », raconte Yves Dumoulin, un hyperactif de 61 ans. Mais une journée d’initiation a piqué leur curiosité et fait chavirer leur cœur.

Depuis, ce couple de Rawdonnois s’adonne à cette déclinaison du vélo aussi souvent qu’au ski. « Il n’y a plus de mauvaises météos pour nous, car nous adaptons nos sorties en fonction des conditions de neige. Si elles sont bonnes pour le ski, nous glissons. Si elles sont mieux pour le fatbike, nous roulons ! », dit Julie Desrosiers, 53 ans.

Un sport qui fait boule de neige

Méconnu il y a quelques années à peine, le vélo à pneus surdimensionnés ou VPS, l’appellation recommandée par l’Office québécois de la langue française, fait boule de neige au Québec. Alors que Vélo Québec ne répertoriait que 12 sites réservés à la pratique de ce vélo hivernal en 2014, l’organisme en comptabilise maintenant 77, ouvrant plus de 1 200 km de chemins enneigés aux pneus à crampons.

En ville, les « fateux » prennent d’assaut les parcs urbains où ils roulent dans les sentiers de marche hivernale. À l’extérieur des villes, ils sont partout : dans les centres de ski de fond qui leur défrichent des pistes dédiées, sur les plages ou encore sur des sentiers de motoneige et de raquette peu fréquentés. Partout où la neige est compactée, le fatbike roule avec aisance.

Anatomie d’un VPS

La seule vraie différence entre un fatbike et un vélo de montagne, ce sont les larges pneus à crampons du premier, qu’on gonfle faiblement en vue de garder une meilleure traction sur la neige. Sa grande force : son accessibilité. « Ce sport n’exige pas d’habileté technique particulière. Si vous savez pédaler, vous êtes capable d’en faire », affirme Francis Tétrault, chargé de programme vélo de montagne à Vélo Québec et adepte du VPS.

On peut y aller à son rythme et, en cas de fausses manœuvres, la neige sert de matelas, ce qui nous rappelle nos souvenirs d’enfance. Autre avantage : le manteau blanc ensevelit les obstacles dangereux ponctuant la nature, comme les roches et les racines. « Je trouve le fatbike beaucoup moins stressant que le vélo de montagne », dit Julie Desrosiers, aussi vététiste en été. Côté vêtement, ce n’est pas compliqué. L’habillement de ski de fond fait le travail. En prime, inutile de connaître l’art complexe du fartage !

Si vous avez des problèmes d’articulations, ce sport est pour vous. Le vélo en général est considéré comme un sport à faible impact. C’est encore plus vrai pour le VPS, avec ses pneus géants qui amortissent les chocs comme des suspensions. « De nombreux cyclistes les utilisent comme moyen d’entraînement en vue de garder la forme en hiver », affirme Simon Boivin, porte-parole de la Sépaq, dont les territoires s’ouvrent de plus en plus à ce nouveau sport.

Un VPS coûte au moins 1 500 $. Aussi bien commencer par la location, offerte dans la plupart des centres dédiés à la pratique de ce sport ou dans des boutiques de vélo. Autre option : un cours d’initiation, comme le Centre national d’entraînement de Bromont et le Centre de ski Mont-Sainte-Anne en offrent. Attention, la dépendance croît avec l’usage !

Rouler électrique

Par ailleurs, si vous avez peur de manquer d’énergie dans les sentiers, mais que vous voulez expérimenter le VPS, il existe une solution : le fatbike à assistance électrique, où le moteur caché dans le pédalier multiplie la puissance de vos coups de pédale. À Mont-Tremblant, D-Tour offre des excursions guidées en fatbike électrique d’une heure ou deux, ainsi que des sorties nocturnes à la lampe frontale.

« L’avantage, c’est qu’on couvre plus de distance en moins de temps », explique Audrey Leclerc, propriétaire de D-Tour. L’entreprise loue aussi sa flotte de fatbikes pour des sorties en autonomie. dtourtremblant.com

Photo : Simon Diotte